vendredi 23 mai 2014

Cité lacustre au cœur des montagnes ...

 10h ... Le mousse émerge et nous pouvons débarquer à terre. Enfin "à terre" est un bien grand mot car cette drôle d'île est constituée majoritairement de construction enchevêtrées et sur pilotis. De fins canaux serpentent parmi les rues et se perdent entre les maisons donnant ainsi son son surnom à cette île-ville: le Venise du Honduras.
Hier, c'était la fête des mères (ici) et apparemment le rhum à coulé a flot et tardivement, l'officier d'immigration est donc introuvable. Il doit avoir plusieurs mères et à du fêter cela proportionnellement ... Lors des aller-retour entre les autorités du port qui peuvent lui téléphoner pour tenter de le réveiller et son bureau nous en profitons pour découvrir l'ambiance chaleureuse et particulière de cette cité lacustre ou presque (...).  Plus tard, photocopie des papiers et des passeport pour 1 dollars puis 3 dollars par personnes et nous voilà avec 3 mois de visa et un permis de croisière pour le bateau! Simple et pas cher...



On se rend compte qu'ici on parle autant espagnol qu'anglais ... On interroge et on se renseigne, cette île découverte par Christophe Colomb en 1502 à apporté son espagnol comme au reste du pays mais rapidement ce sont les habitants des Caymans qui viennent y pêcher et installer des bases de pêche, on y trouve donc de manière étonnante un mélange des 2 langues utilisé par les 10.000 habitants de l'île... Pratique!
On y découvre rapidement le faible coût de la vie, une mangue pour 15 centimes, un panier de course dépasse rarement les 30 dollars (vin compris), une (bonne) bouteille de rhum pour 6 dollars et un repas à base de délicieux "quesadillas", "burritos" ou "pastélitos" dans une cantina nous revient à 3 ou 4 dollars par personne boisson incluse... Les gens sont charmants et on aime déjà beaucoup cet endroit.

Nous sommes à l'endroit de l'étoile verte... 

On à élu domicile dans El Bight, un mouillage abrité et calme. Tout les soirs, pendant une heure, de violentes rafales allant jusqu'à 30 noeuds balayent la surface de l'eau et il pleut au moins une fois par jour, mais la température reste bloquée à 30°. Les enfants des pêcheurs viennent nous proposer régulièrement du poisson frais dans la journée et quasiment tous les soir, John, le sexagénaire britannique habitant sur son côtre en bois chante si fort une fois suffisamment alcoolisé qu'il se fait enguirlander par ses voisins qui auront eu le manque de chance ou l'audace de mouiller à proximité de se son bateau. Le tout forme une ambiance particulière ou l'eau est le noyau central, en effet, ici pas de routes, pas de voitures ni de vélos donc et seuls quelques rares chemins serpentent jusqu'aux habitations les plus hautes sur les collines, le reste des déplacement se fait en bateau. Presque tout le monde à le sien et de nombreux bateaux-taxis sont là pour les autres. La plupart des maisons sont sur pilotis, donc habitants sur nos bateaux nous faisons partie de cette communauté "de l'eau et sur l'eau" et sommes intégrés dans le paysage et les habitudes.

La "ville" ...
Il y a quelques jours, nous projetons avec nos amis de Sanibel, le ketch américain, d'aller de l'autre coté de l'île en dinghy, puis de monter sur le point culminant, de grignoter un morceau au sommet et de redescendre tranquillement. Tout s'est très bien passé sauf que nous avons perdu le chemin quasi inexistant à la montée, puis avons cru le discerner à la descente et nous nous sommes un peu (beaucoup, à la folie...) heu... comment on dit ... perdus.
Puisque nous ne pouvions plus nous fier au chemin disparu nous avons fait appel notre sens de l'orientation et notre chance et avons passer notre après-midi à descendre des torrents caillouteux, traverser des buissons et descendre des cascades. Nous avons fait la rencontre de tatous, d'iguane perchés dans les arbres (Jimi à failli s'en prendre un sur les épaules) et d'une multitude d'insectes dont nous gardons les traces et des démangeaisons sur les jambes. Journée "sport"...

Sandrine et Lorie

La preuve que le chemin existait ... :)

L'ambiance paisible du mouillage et ses eaux calmes nous ont encourager à nous lancer dans des travaux d'amélioration du bateau, nous avons trouvé du tissu occultant aux îles Caymans et nous confectionnons des rideaux pour le carré de Jingle. En effet, l'été approche et les températures commencent à monter à l'intérieur du bateau, cet ombre ne nous fera que du bien pour notre séjour en Amérique centrale...

Nos voisins d'un coté ....

Nos voisins de l'autre coté ...

La petite pluie fine du petit matin crée des paysages dont on ne se lasse pas...


mardi 13 mai 2014

La Balade de Sandrine : des Caymans au Honduras ...

Nous allons vous faire découvrir une nouveauté vidéo intitulée " La Balade de Sandrine ".
En effet, Sandrine prend sa caméra pour vous faire découvrir sa façon de voir le voyage, d'appréhender le bateau et sa vie à bord. On espère que cela vous permettra de "voir par ses yeux" et vous réjouira autant qu'elle à de plaisir à vous le faire partager.


lundi 12 mai 2014

Du vent, du vent, du vent ...

Nous avons 320 milles à parcourir, nous partons à midi et, avec l'aide des fichiers météo, nous planifions d'arriver à midi 2 jours après. Cela nous laisse une fourchette de plus ou moins 4h de battement car il parait indispensable d'arriver de jour pour slalomer entre les hauts fonds, les tête de corail et les îlots non éclairés qui protègent la baie de Guanaja.
Il fait beau quand nous hissons la grand-voile et laissons Georgetown derrière nous, un petit message de Cappella  à la VHF pour nous souhaiter bon vent et hop, les 17/18 nœuds de vent au grand largue nous font glisser gentiment à vitesse de croisière raisonnable. Première constatation, un courant contraire nous "vole" 2 nœuds de vitesse, nous parvenons tout juste à afficher un 5 noeuds de vitesse moyenne sur les premières 12h... Une Daurade Coryphène viendra tout de même mordre à mon nouveau leurre spécialement fabriqué pour ses congénères.
Première nuit dense en activité de veille, en effet, de nombreux cargos et paquebots croisent notre route mais la nuit est belle et étoilée, la quasi pleine lune est de la partie et c'est un bonheur de naviguer avec cette brise tiède. Le courant arrêtera ses activités de sabotage et les vitesses du speedo et du GPS s'accordent enfin. Le vent monte, suffisamment pour prendre un ris, Jingle caracole dans la nuit malgré cette mer hachée, en effet une houle de travers rend la progression inconfortable mais Jingle apprécie les 25 nœuds affichés et commence ses longs surfs, un banc de dauphins fera même une première apparition aux étraves.

Et une Dorade, une !
Le lendemain, j'entend les 2 lignes de pêche faire hurler les moulinets, je me jette sur la première, la canne plie à la faire rompre et le fil tressé casse. Je prend le relais sur la seconde montée plus souple, puis s'engage un combat comme rarement je n'ai vu. C'est un thon, il fait des plongées brutales et part de gauche a droite à vitesse surprenante. Je fini par le ramener à bord, il fait 4Kg, c'est gros mais pas énorme pour la difficulté et là je comprend en regardant le speedo, le vent s'est orienté sud-est et est passé travers, nous filons 11 noeuds.

Notre pompe d'eau douce choisit ce moment pour nous lâcher, il s'agit, comme souvent, d'un problème de pressostat. C'est pourtant un modèle à gestion électronique pour limiter les à-coups et ainsi durer plus longtemps mais un regard à la date d'achat sur facture nous fait dire que nous avons dépensé de l'argent pour rien... On remonte une pompe "classique" qui est dans le stock et ça repart !

Le vent continuera à monter gentiment, nous resterons en phase et diminuerons progressivement la surface de toile en conséquence. La deuxième nuit verra ainsi plus de 30 nœuds réel s'afficher à la girouette. Nous avons rattrapé notre "retard" des premières 12h de navigation, nous sommes sous 3 ris et 5ème de foc pour calmer le jeu.
Allez, comme autrefois:
"Sachant que le bateau parcours 325 milles en 40h et qu'à cause du courant, il ne fera que 4.7Nds de moyenne pendant les premières 12h, quelle est sa vitesse moyenne sur le reste du parcours"... J'attend ... Oui, c'est ça: Jingle à fait du 9,6 nœuds de moyenne... Nous arriverons à donc 4h du matin devant Guanaja, il fait nuit, la lune s'est couché et le jour pas encore levé, un coup d’œil aux éphémérides nous apprend que le soleil apparaîtra vers 5h30... Nous affalons la grand-voile et enroulons la moitié de notre 5ème de foc, nous continuons d'avancer à 4/5 nœuds... On enroule tout et à sec de toile nous avançons encore à plus de 3 nœuds, nous avons désormais 33 nœuds de vent qui nous poussent. Le récif devant, le soleil qui doit se lever derrière et nous patientons pour rentrer dans la baie. Nous enclencherons les moteurs en marche arrière léger pour nous freiner encore.
Nous sommes mouillés au petit jour devant Bonnaca - Guanaja island - Honduras

5h30, le jour se lève mais c'est encore trop tôt pour voir les dangers sous-marins, 6h le ciel passe à l'azur et le soleil éclaire suffisamment pour y voir clair, allez on embouque la première passe, ça déferle de chaque coté, puis la seconde et nous pouvons nous diriger vers l'île-ville de Bonnaca. Nous mouillerons entre les îlots et Sandrine part se coucher quand je profite de l'adrénaline que j'ai encore dans le sang pour ranger et rincer le bateau car nous devons attendre 9h pour l'ouverture des bureaux et faire nos formalités d'entrée sur le territoire. En effet, nous sommes arrivés au Honduras ...

Bonnaca, de jour


lundi 5 mai 2014

Hors Taxes et Hors de Prix...

Paradis fiscal

George Town est la capitale des îles Caïmans, dans les Antilles britanniques. Comptant un peu moins de 30,000 habitants, il s'agit de la plus grande ville de l'archipel ainsi d'ailleurs que de tous les territoires britanniques d'outre-mer mais c'est aussi, et surtout, le cœur de l'industrie de la finance aux îles Caïmans. 




En effet, grâce à la législation fiscale spécifique du territoire, on compte, par exemple plus de 600 banques dans la cité. Par ailleurs, de nombreux yachts sont immatriculés à George Town en raison de sa fiscalité avantageuse, les habitants ne payent pas d’impôts et si vous investissez dans de l'immobilier ou si vous décidez d'y implanter le siège de votre société, vous n'avez plus aucune taxes a payer mais ... Et bien oui, il y a un "mais" ... L'ensemble reste globalement assez cher. La nourriture et les "indispensables" sont abordables mais dès que l'on sort de l'ordinaire, on se fait taper sur le bout des doigts aussi fort que le niveau de vie est élevé. Le nautisme n'échappe pas à la règle du non-indispensable et donc affiche des tarifs délirant en termes de main d’œuvre et de prestation comme les sorties d'eau ou les interventions mécaniques. En gros, pour changer un joint à 200$, on nous demande près de 6000$ de travaux... Heu ... On va donc trouver une autre solution et partir d'ici...

Stingray city, par Jimi (s/v Sanibel)

Cela ne nous aura pas empêché d'aller nous balader dans les environs, en effet, après notre escapade sous-marine sur le Kittywake, nous avons fait quelques milles pour aller dans le North Sound, plus précisément Sting Ray City. Ce banc de sable était le lieu de rendez-vous des pêcheurs qui y vidaient leurs poissons, cela attirait les raies (!). Aujourd'hui le lieu est devenu plus une attraction touristique qu'un lieu de travail et la fierté de l'île est souvent prise d’assaut par les touristes mais dès 17h tout ce petit monde s'en va mais les raies et nous-même sommes restés sur place pour des rencontres étonnantes avec ces animaux à la grâce légendaire.

L'entrée du chenal menant à Governor's Creek
 Après plusieurs jours à cet endroit, nous nous sommes déplacés de l'autre coté de la baie et nous nous sommes glissés dans Governor's Creek pour y être à l'abri et ainsi pouvoir sortir nos vélos et aller longer une autre fierté de l'île: Seven mile beach. Cette côte de sable blanc est bordée de jolies propriétés, resort, hôtels et restaurants aux prix variant du simple n'importe quoi au grand n'importe quoi. Nous avons choisi un humble Tikky bar pour notre déjeuner chez Coconut Joe avant de repartir vers un magasin de plongée pour des pièces détachées et du petit matériel, puis rentrer tranquillement au bateau le soir venu.

Ambiance "Floride" pour ces demeures de caractères dans le chenal ...

Governors Creek: La photo n'est pas assez grande pour englober l'ensemble de la propriété ...

Nous sommes aujourd'hui de retour à George Town, pour préparer notre départ pour ... le Honduras ! Derniers achats techniques (le dessal s'est mis en tête de continuer à fuir), dernier passage au Lavomatic, dernières boites en plastique pour ranger la farine et le riz, un petit tour au carnaval et puis nous allons être bons pour faire nos formalités de sortie. Nous sommes déjà en veille météo et guettons le vent qui se fait un peu timide en ce moment mais qui doit se réveiller dans quelques jours pour nous faire voguer jusqu'aux Îles de la Baie ...


Seven mile beach qui longe la partie Ouest de l'île




Le quartier de Camana Bay au nord de George Town



Chez Wendy ??? Cette île britannique se serait-elle américanisée ? Ou sont les fish'n'chips ?

On à préféré Coconut Joe et sa bière fraiche... Joe, voulait nous acheter nos vélos qu'il trouvait cool

L'espace commercial de Camana Bay avec, en arrière plan, la marina pour les clients qui viennent en bateau...

Le centre-ville de George Town, la place centrale de ce qui n'est finalement qu'un grand village ...


Le "boulevard de la mer", face au port .


L'embarcadère des ferries qui regagnent les paquebots ...


Le musée qui essaie de conserver sa place entre les boutiques en duty-free


L'église et derrière le sosie du Guggenheim de New-York...


Les jolies filles du carnaval ...




Jingle, qui parait tout petit devant une trombe marine. Photo prise par nos amis Jimi & Lorie vers le North Sound.


dimanche 27 avril 2014

Balade sur épave ...

Le USS Kittywake
Depuis notre arrivée aux Cayman, on court partout ! ...
Enfin, on marche, mais on en fait des kilomètres! On ne se plaint pas car cela fait du bien de se dégourdir les jambes et de retrouver une atmosphère humaine nous change et ne nous déplait pas. Ceci dit, les gens que nous rencontrons et les endroits ou nous allons sont soit techniques soit médicaux.
Cette dernière partie est même pour ainsi dire achevée, ne reste que l'administratif à faire valider et transférer aux assurances pour les remboursements. Sinon, nous connaissons maintenant à peu près tous les professionnels du nautisme de Grand Cayman, du voilier (qui est "une" voilière) à qui nous avons acheté du Dacron pour réparer notre génois aux mécaniciens et responsables de chantier avec lesquels nous avons joué au jeu du : "Je peux réparer mais va voir machin pour sortir le bateau de l'eau - Je peux sortir ton bateau de l'eau mais pas le poser sur ber - moi aussi je peux réparer mais va voir machin pour qu'il commande les pièces qui me dit d'aller voir truc pour les commander et les dédouaner – etc". Un jeu qui nous a fait visiter l'île mais qui ne nous amuse plus trop surtout quand il faut arpenter les zones industrielles à pieds par 40°, en effet, l'état des routes et la manières très "désinvolte" de conduire des locaux nous à fait éviter de sortir les vélos par pure réflexe de survie. Dans un même temps nous nous sommes occupés des taches simples et courantes mais qui commençaient à prendre un caractère d'urgence, les aller-retours à la laverie, aux magasins d'approvisionnement et autre fournisseurs de matériel de toutes sortes (plomberie, électricité, pêche...) se sont gentiment enchaînés jusqu'à épuisement de la "liste des choses à faire", puis nous avons réparé notre dessalinisateur (merci à Aquabase pour sa réactivité du tonnerre et Fedex pour l'expédition des pièces).

Nous avons donc décidé de faire une pause et d'aller nous immerger sur un site comme j'aime bien: une épave. En effet, le USS Kittywake à été coulé au large de 7-miles beach et représentait une jolie promenade et une bonne décontraction après nos 15 jours de recherches et de marches forcées...



Bon , aujourd'hui c'est dimanche donc on se repose car demain c'est lundi (!...) et on repart aux renseignements concernant le gréement. Le gars est passé sur le bateau pour prendre les côtes mais reste les soucis de commandes de matériel et import-export, puis les inévitables conversions entre système métrique et système impérial ... De plus, vu le prix des extensions de visas, nous allons sans doute resté ici moins longtemps que prévu et nous n'avons, du coup, encore moins de temps pour flâner ...


Sandrine commence a vraiment se sentir à l'aise sous l'eau ...

... et en profite pour réaliser aussi quelques images ...


Batman ?


Le génois méritait pas mal de réparations et renforts

lundi 14 avril 2014

Escale Caïman technique !


Les Caïman, TOM britannique est pavillon de courtoisie.
On ne va vous dire qu'on n'était pas bien dans notre petit bout de paradis... Mais, un matin, Jimi mon compagnon de chasse et de voyage, me fait part de l'éventualité de se faire pincer par les autorités 3 semaines après avoir fait notre sortie "légale" du territoire... il a raison, c'est chaud ! Nous commençons donc à regarder les fichiers météos et envisager notre départ pour les îles Caïmans ...

Une semaine après, un front froid se présente, nous décidons donc de profiter de ce flux de nord pour partir. Nous appareillons vers midi en imaginant une vitesse moyenne de 6 nœuds, ce qui nous fera arriver vers midi le lendemain...Un vent de 20 nœuds nous attend (entre 17 et 28 en réalité). Je ne sais pas ce qui m'a pris d'imaginer une si faible vitesse, car ce fut à plus de 8,5 nds de moyenne que nous avons "dévalé" les quelques 150 milles de traversée, avec des surfs à 10, 12, 14 nds et nous avons même enregistré un 16,5 nds ! ... Du coup, nous aborderons la pointe Nord-Ouest de l'île de nuit ! Nous contactons les autorités, comme il se doit, pour déclarer notre approche. Très courtois et très agréable, l'officier à l'accent difficilement identifiable (le subtil mélange Ecossais-Irlandais-Caraïbe: Cayman)  nous route vers Spotts Bay, une zone située au sud de l'ile, car les vents importants nous empêchent d'approcher les bouées d'attente de la côte Est.

Amarrage au corps-mort visiteur
Nous avons à contourner Sand-Cay, la pointe aux hauts fonds du sud-ouest, les vagues qui y déferlent sont turquoises et impressionnantes. Le jour est enfin levé quand nous arrivons à la bouée, en effet aux Caymans on ne mouille pas pour ne pas abîmer le corail et les bouées sont gratuites. L'annexe est mise à l'eau et nous partons à terre pour faire nos formalités. Les 2 officiers des Douanes et Immigration nous attendent patiemment dans la grosse berline break qui leur sert de bureau quand il fait mauvais temps, ils écoutent la radio et plaisante en se présentant... haaa, l'ambiance détendue des îles, c'est vraiment agréable... Bon, très vite on me demande quand même si j'ai des fusils de chasse sous-marine à bord car je dois les déposer et les reprendre à notre départ. En effet, ils protègent le super écosystème qui baigne dans une eau plus que limpide et qui leur sert de joyau et attire tous les plongeurs du monde, alors quand je répond que j'en ai trois, je m'attend au regard de mépris du gendarme face au tueur de petites bêtes mais au contraire, ils s’intéressent de très près à mes armes modifiées par mes soins et m'interroge sur mes prises et mes profondeurs de chasse... et on taille le bout de gras gentiment... Puis ce sera à notre tour de poser la question qui fâche: combien devons nous payer pour les taxes d'entrée? ... et là, avec un grand sourire on nous répond "les Iles Caïmans sont des îles sans taxes, soyez les bienvenus ..."

Comment ça on est tout petit ???
 Nous passerons la journée et la nuit dans le sud de l'île, puis nous reviendrons vers Georgetown, la capitale (et la seule ville) de cette île d’à peine 200km2 (pour 50.000 habitants). Quatre paquebots y sont déjà mouillés et déversent leurs milliers de touristes dans les boutiques hors-taxes du centre-ville . Nous prendrons à nouveau une bouée et partons, nous aussi, faire nos touristes en ville mais un tourisme bien particulier, nous partons en effet à la découverte du super-marché ! ... En effet, nos 5 mois cubains ont épuisés quasiment toutes nos réserves, cela fait des mois que nous n'avons plus de fruits ou de légumes, mais là, on attaque la zone dangereuse ou nous avons du aller taper du dentifrice chez nos copains du bateau d’à coté et nos coffres à provisions sonnent sinistrement creux ... C'est donc avec un certain vertige mêlé de respect que nous entrons dans le temple des fruits et légumes, de la lessive, du poivre en grain, du gel douche, du lait, du beurre, du liquide vaisselle et autre bizarrerie qui nous font défaut. Puis vient le temps du plaisir bête, on se prend du pain aux céréales, du camembert Président, des côtes de porc, de la salade, de la moutarde Maille, des fraises pour un repas "qui change" de la tourte à la langouste et du poisson grillé...


 Plusieurs aller-retour serons effectués et il en reste encore à faire pour un approvisionnement digne de ce nom. Puis parallèlement, nous partirons à la recherche de médecins et de dentiste afin de réparer et faire une maintenance "équipage" nécessaire. Ensuite ce sera le défilé des éternels fournisseurs d'équipements techniques pour les éternels joints-colle-vis-embouts-raccords et autres joyeusetés électroniques, puis la recherche d'une laverie afin de faire de "véritables" lessives terminera notre premier assaut de la vie civilisée.


A 5 heure tout les passagers sont a bord et partent le soir... nous pas !

 Cette semaine, entre nos rdv médicaux, nous allons partir à la recherche d'un chantier qui puisse sortir le bateau de l'eau. En effet, en dehors de la peinture antifouling, nous devons faire vérifier et sans doute profiter d'être en zone civilisée et hors-taxe pour changer, en prévention, les joints-soufflets des embases moteurs, nous sommes dans les temps mais une entrée d'eau dans une cale moteur serait désastreuse. Même chose pour le gréement, je me suis mis en relation avec Fred, l'expert que nous avions mandaté avant achat et qui connait bien le bateau, et qui confirme mon diagnostics d'usure. Un gréeur professionnel sévit sur Grand Cayman, nous allons donc arrêter de "pousser le bouchon" et remplacer si possible les éléments majeurs, soit galhaubans, étai et martingale de poutre avant.

Derrière cette pointe, une plage de près de 10 km de long ... de sable blanc...
Voila... une escale plus technique que touristique en prévisions pour les prochaines semaines. Il faut le faire et même si hier soir en rentrant d'une bouffe chez les copains, la pleine lune suffisait à éclairer le fond sous le bateau par plus de 15mètres (!) tant l'eau est claire et attirante, il nous faut résister et travailler à la maintenance pour continuer notre voyage dans de bonnes conditions de santé et de sécurité ...

mardi 1 avril 2014

Les fondamentaux ...

Une île déserte...

... du bois ...

... pour faire du feu ...

... pour cuire les langoustes ...
 
... avec de la bière et des copains ...

... et voilà !