lundi 30 mars 2015

Vent, Soleil, Poissons, Courant et Cordages ...

Coucher de soleil en mer, nul marin n'y est insensible...
Il est 9h30, il fait déjà chaud quand nous levons l'ancre.
10h00 nous passons la rouge près de "playa norte" et nous éloignons des récifs avant de hisser la GV. Nous avons un petit 14 noeuds grand-largue et nous filons 7 à 8 noeuds sur une mer presque plate... Que du bonheur, on aimerait que cela dure pendant des jours, des semaines...

Cela aura duré la journée, en effet vers 17h, le vent tombe régulièrement. On se battra comme on peut mais ce sera démarrage de Monsieur Volvo vers 19h à 1800 tours. On en profite pour faire de l'eau et prendre un douche chaude. Puis un bon steack grillé afin de nous préparer aux quarts de nuits qui seront animés avec les différents cargo que nous verrons. Le Gulf Stream nous pousse un demi-noeud.



Certains aiment les navigations calmes ...
Le lendemain, toujours pas de vent. On relit et relit et re-download les fichiers Grib, y'a un lézard, quelqu'un s'est trompé. Non seulement pas de vent mais le courant est contre nous, on pousse Volvo à 2200 tours pour une vitesse fond de 4,5 noeuds, on perd un noeud. On prend notre mal en patience, mer d'huile, soleil donc pêche, guitare, on filme les dauphins, on prépare des tortillas...

Nous faisons la connaissance des hirondelles, une d'abord puis 2, puis 3 et 4. La première n'est pas farouche, elle viendra même se poser sur le genoux de Sandrine avant d'établir son camp de base à l'intérieur, invitant les autres à la suivre. On trouve ça mignon au début mais le soir quand l'intérieur du bateau est devenu une véritable volière avec les hirondelles qui déchiquettent des trucs pour se faire un nid, on aura un peu de mal à s'en défaire...



Squatters !!!
C'est la nuit et on a maintenant 1,5 noeuds contre nous... et des cargos comme voisins. Le génois est alternativement sorti puis rentré tant le vent est instable.

Le lendemain ce sera presque 3 noeuds de courant dans le nez, on fait une moyenne lamentable. Le vent, en rafale à 20 noeuds, nous fait filer à 8 noeuds mais seulement 5 sur le fond. C'est rageant. Heureusement une daurade vient s'offrir pour le repas du midi (et du soir).

Vers midi, un grain s'approche. Peu menaçant au début, il nous montre son coté méchant au fur et à mesure de son approche. En avance, nous prenons 2 ris et 3 tours et sortons les tenues de combats. On attendra 30 minutes pour avoir des pluies diluviennes et un vent à 35 noeuds. Les grains se succéderont ainsi. Le bateau avance bien avec ces vitesses de vent... le tout c'est de ne pas à avoir à empanner ... Le soir le vent tombera...



La joie des grains en mer...



Au petit matin, le moteur cale... Nous sommes au milieu de nulle part, on ne gène personne si on dérive mais il va falloir réparer. Le 3 cylindres Volvo est bouillant car il vient de marcher toute la nuit, mais il faut y mettre les mains quand même. Plus d'arrivée de carburant, remplacement des filtres colmatés par les saloperies en suspension dans le gas-oil guatémaltèque, et c'est reparti.


Le vent se lève et le courant s'amenuise puis disparaît, pas trop tôt! On se déplace comme un vrai voilier et à cette vitesse les leurres de pêche sont très attractifs, 3 Wahoos se feront prendre puis nous rentrerons les lignes.




Les côtes sont en vue, enfin la Floride! On affale et on enroule la toile puis les moteurs sont (encore) démarrés pour pénétrer dans le bras de mer de Fort Myers. Le chenal est assez serré et le courant de la rivière s'ajoute à la marée descendante, on repère la zone de mouillage prévue, 2 bateaux y sont déjà installés, on ira en amont. Au moment délicat de la manœuvre d'approche, un moteur cale... puis l'autre ... C'est l'horreur car nous ne sommes plus manœuvrant et nous avons les bateaux en arrière à éviter et les haut fonds du bord du chenal. Les moteurs ne veulent rien savoir, ils démarrent, mais ne veulent pas être embrayer, l'image du cordage pris dans l'hélice s'impose donc à mon esprit... Quelle tuile! Les 2 moteurs en même temps! On jette l'ancre avec chaîne courte immédiatement mais trop tard, nous échouons. Rien de grave, une coque se pose sur de la vase mais sans moteur on ne peut rien faire. La nuit tombe, et la marée nous doit encore 80cm, la structure du cata peut ne pas aimer d'être ainsi posée en porte à faux, sans compter sur l'éventuelle présence d'une souche (poisse quand tu nous tiens). On appelle TowBoat-US... 30 minutes plus tard, un artiste nous sortira de là et ira nous faire mouiller là ou on voulait aller au départ. Un artiste car en nous tractant a partir d'une seule coque dans une rivière avec un fort courant, il nous a positionné pile ou on voulait. Le truc c'est que d'habitude on prend une assurance à 150$ chez eux quand qu'on arrive aux US mais là, on n'a même pas eu le temps. Bilan: c'est 1100$ !

Dès le lendemain, il fait gris mais je dois quand même aller voir ce qui s'est passé avec ces hélices. L'eau est boueuse, cela ne gène ni les dauphins d'estuaire ni les manatee autour de moi, mais je ne vois pas mes mains, je travaille donc en aveugle sous la coque. Comme imaginé, les hélices et les safrans sont bloqués par près de 20m de cordage entortillé, noué et entrelacé... Il s'agit d'un vieux casier oublié ou perdu qui devait flotter entre deux eaux et qui est venu se prendre dans une hélice, puis la deuxième lors du virage.

Bon, ça y est on est à nouveau manœuvrant, l'ancrage est sain, on peut aller faire sereinement nos formalités d'entrée puis après une bonne et longue promenade sur la plage, aller se faire une bonne viande, avec une bonne bière et de la bonne musique! On est tout de même dans le sud des Etats Unis !


Aux premières loges ...


Reflet des nuages dans la mer d'huile ... 

On ne s'en lasse pas ...

Notre mouillage ...




dimanche 22 mars 2015

Contre sale temps, changement de plans ...

Dépression"classique" du moment, 40 noeuds annoncés
Sale temps ... En effet, difficile de trouver une fenêtre météo favorable sur 4 jours pour traverser le golfe du Mexique d'une traite. Alors que faire ? ...

Option 1: Patienter sur une île agréable sur la côte nord du Mexique, avec une plage ensoleillée au sable fin, avec des massages à 25 balles l'heure, avec des plats de poulpe ET de langouste ET de poisson à 15 euros pour les jours de fête, avec des tortillas et quesadillas à 2.50 euros pour le reste du temps et avec de l'excellente Téquilla à boire avec les copains. Pour tout vos dire, on finirait bien nos jours ici sans rien changer à notre bronzage et nos apéros sur la plage mais du coup on ne va pas au festival de Jazz fin Avril ... Car patienter veut dire laisser passer les dépressions et la mer qu'elles génère donc des arrêts au stand d'une dizaine de jours a chaque fois...

Option 2: On cherche une autre option, par exemple celle qui nous ferait monter vers la Nouvelle Orléans en passant par la Floride. C'est plus long globalement, en distance et en temps. Mais cela nous permet de diminuer la fenêtre météo nécessaire.

Les 4 principales routes

On opte pour l'option de l'autre option et on prépare les plans de routes multiples en fonction des conditions de vents que l'on pourra rencontrer dans le golfe, avec un "plan moyen" situant une route "moyenne" vers Fort Myers . En effet, c'est le plus probable en terme de vitesse (il ne faut pas traîner car une dépression arrive) ainsi qu'en terme de protection (car la dépression va quand même nous tomber dessus donc il faut qu'on soit à l'abri). Le plan de route le plus court est d'aller sur Key West, mais c'est pas très protégé, on a déjà vécu 40 nœuds là-bas, non merci. Le 2ème est celui choisi qui va nous faire renouer avec les ponts et les calculs de marées, le 3ème est la baie de Tempa qui sera certainement notre prochaine escale après la dépression et la 4ème plus nord est au cas ou les vents passent à l'est.

Ni une ni deux, on fait nos adieux aux autorités locales (ouvertes le dimanche, le Mexique est un pays ou les gens travaillent avec le sourire, même les fonctionnaires ...), on boit notre dernière Corona sur la plage, on se fait une petite quésadillas au poulet à la cantina et hop ! .... On prépare le bateau pour un départ demain matin...

Fort Myers beach pourra nous offrir une protection suffisante dans ses eaux intérieures...


Hauteur maximale du pont: 65 pieds (19m81), petit rappel (pour ceux qui ne suivent pas) la hauteur de notre mat est de 64 pieds et 10 pouces, 12 pouces dans un pied donc il nous reste que 2 pouces - soit 5cm - entre le haut de notre instrumentation et le tablier du pont.... et encore j'ai démonté l'antenne VHF pour gagner un peu de hauteur ...



Deuxième plaisir, les marées. Pas aussi importantes qu'en ce moment en Europe mais bien plus intrigantes. En effet, la proximité du lac Okeechobee nous amène ce phénomène de "marée fantôme" ou"demi-marée". En effet, si on regarde bien on a une (vraie) marée basse que toutes les 24 heures et non 12h comme dans beaucoup d'endroit... Et quand on passe avec 5cm de jeu, on fait gaffe aux marées, au vent et aux vaguelettes qui pourraient tout casser ...



lundi 16 mars 2015

Balade au MUSA - Isla Mujeres

C'est en 2009 que le "National Marine Park" en partenariat avec l'association Nautique de Cancun ainsi que l'artiste Jason deCaires Taylor immergent au large de Cancun à 2 pas de l'île de Mujeres un projet de "Musée Subaquatique". Il s'agit de sculptures à échelle réelle qui deviendrons la plus grande attraction d'art sous-marin du monde. Aujourd'hui différents projets se sont développés autour de la planète.

Le "MUSA" (MUséo SubAquatico) qui avait pour objet de mettre le doigt sur les interactions entre l'art et les sciences environnementales forme un récifs artificiel que la vie sous-marine à colonisé augmentant la biomasse de façon conséquente.

Pour nous, le but du jeu était d'aller s'y promener en s'amusant ... Jimi avec son appareil photo et moi avec ma caméra ...










lundi 2 mars 2015

Bonjour chez vous !


Le "golf cart" ou voiturette de golf est le véhicule le plus utilisé ici sur l'île. Généralement en modèle standard, certains s'offrent les versions "spéciales" comme ici, la Cadillac, mais il existe la Jeep et même le Hummer en version "voiturette".

Propulsions électriques alternent avec moteurs thermiques, seul le bruit change, pas la vitesse.

Ils peuvent être de 2 places dans ce cas c'est un pick-up, de 4 places pour le modèle le plus courant, les deux de l'arrière sont dos à la marche ou de 6 places pour les "châssis rallongés" ...

Les rares voitures sont les taxis, rouges, et la police, bleue comme partout, ou les "officielles, blanches.




Le modèle "standard" (existe en divers coloris)

Le modèle "Jeep Utilitaire"

jeudi 12 février 2015

Mexique: Marina, Corona et Téquila ...

Deux cents vingt milles nous séparent de notre destination au Mexique: l'île de Mujeres (Mou-hairesse). Les vents attendus étant inconfortables, nous prévoyons de faire la route en deux fois 24h avec une pause dans la bahia de la Ascension.


C'est la dernière ligne droite pour John et Becky car ils débarquerons au Mexique pour poursuivre leurs aventures à terre. Ils auront donc droit à un peu de tout histoire de marquer le coup, pétole au moteur et baston à 2 ris, ils auront aussi droit aux dauphins, petits et gros, aux tortues, aux raies et aux couchers de soleil en mer.

Lever de soleil...
Nous arriverons en fin de nuit au large de Cancun, puis passerons la pointe et prendrons la direction de Mujeres. Il est tôt car nous avons eu un courant favorable de près de 2 noeuds par moment. Je déguste, seul aux commandes, mon petit dèj au petit jour généralement fait de baked beans et de bacon en regardant les lumières des énormes resorts aux architectures osées de Cancun. Quelques paquebots et cargos ont maintenus les hommes (et femme) de quart activement éveillés donc tout le monde dort bien, je conserve les 2 ris afin d'arriver de jour sur l'île que je ne connais pas et avec l'incertitude d'un balisage correct pour pénétrer à l'intérieur du récif protégeant la zone de mouillage. J'aperçois la première rouge aux jumelles au même moment ou tout le monde se lève à bord, nice timing ! Nous irons ensuite tourner la dernière rouge (qu'on laisse sur tribord par ici) très près de la grande plage qui fait la réputation de cette île puis on s'enfonce dans la baie. Quelques bateaux y sont déjà mouillés. On balance la pioche juste à l'arrière d'un ketch américain que je reconnais tardivement, il s'agit de Jimi sur Sanibel.


Le lendemain, nous nous lançons hardiment à l'assaut de nos formalités, un petit coup de bureau des autorités portuaires par ici, un petit coup de magasin de photocopie par là, un petit coucou à l'immigration, un passage à la banque pour payer ce que l'on doit, retour à l'immigration, puis retour au premier bureau, on y voit les autorités du port, la santé, l'agriculture... On aura mis 3heures, apparemment c'est un record de vitesse dans cette île ou tout le monde est charmant, relax, patient mais un tantinet bordélique et lent. Bon, on s'en fiche, c'est à peu près bon. On découvrira en fait plus tard que nous n'avons pas encore vu les douanes, ni qu'il nous faudra un aller-retour en ferry à Cancun pour faire une importation temporaire pour le bateau mais pour le moment, youpi, c'est réglé. On se retrouve en centre ville, il est midi, ça sent bon à la sortie des cantinas, on a faim et soif donc: Tacos et Corona pour tout le monde !

La Lomita, la meilleure pieuvre sautée à l'ail de toute l'île !

Nous passerons quelques jours ainsi au mouillage, à découvrir les saveurs de ce que je ne connaissais finalement pas très bien: la téquila ! La vie n'est vraiment pas chère sur l'île et notre barbecue se voit recevoir de fortes épaisseurs de ribeye steacks et de T-bones quand, en cuisine, le guacamole est en production intense, puis les petits restos locaux sont une pure merveille, le poisson est frais, le poulpe abondant, le service souriant et agréable, les" quantas" supportables, c'est la belle vie !


Beaucoup de bateaux de pêche, grand choix de poissons ...

Puis nous dirigerons Jingle vers la marina dans le lagon, en effet nous allons recevoir nos amis valériquais, ce sera donc plus commode pour le débarquement des uns et l'embarquement des autres. Pincements de coeurs lors du départ de John et Becky qui nous ont accompagnés pendant plus d'un mois, mais la vie continue son chemin sur terre comme sur mer ...  


Sandrine, couleur locale ...
La marina ...

... son bar ...

... sa piscine ...

Jingle, c'est de là que je suis en train de vous écrire ...



mardi 10 février 2015

Belize, un parfum de Caraïbe un peu cher ...

Une jolie petite matinée de navigation ensoleillée nous suffira pour rejoindre la ville de Placiencia, sur la côte. En effet, nous tenons à nous affranchir des obligations de déclarations. Nous pouvions le faire à Punta Gorda, plus au sud, mais les autorités locales ont la réputation de nes pas être des plus honnêtes. Une fois mouillés dans la baie bien protégée, nous accostons avec l'annexe sur le ponton de Brenda, une voluptueuse cuisinière qui prépare le meilleur Jerk Chicken de toute la Caraïbe. Puis nous traversons Placencia, ville décontractée, lente et cool comme on adore. Ici, le temps s'est arrêté et tout le monde semble jouir de cette bulle spacio-temporelle avec le sourire et la démarche de celui qui n'a jamais porté de chaussures, en effet ici pas de goudron, tout est en sable !
Nous prendrons une lancha, bateau en bois et qui sert de transport rapide, pour aller à Big Creek. Après nos 20 minutes a fond les manettes dans la mangrove, nous sautons dans un taxi qui nous emmènera voir Immigration-Douanes-Agriculture-Autorités du Port...dans le désordre. Chacun nous demandera de l'argent et encore de l'argent, des papiers, des photocopies de passeports, des listes d'équipage, les numéros des moteurs, etc... Nous sortirons de là allégés de près de 180 dollars et devons payer dorénavant de 5 à 10 dollars par personnes par jour sur les îles protégées ...
Cela nous laisse un sentiment étrange en terme de liberté, en effet, de se savoir sur son bateau ancré à l'abri derrière une petite île déserte au milieu de nulle part on apprécie différemment le temps qui s'écoule lentement quand on doit payer 40 dollars par jour... Hélas cette amertume ne nous quittera pas d'avantage quand nous aurons à quitter le pays car, là encore, on nous demandera 40 dollars à l'immigration et encore 50 dollars aux douanes pour avoir le droit de ... sortir du pays !

Et un coucher de soleil gratos !


Mon cher (trop cher) Bélize, la prochaine fois que je viendrai te voir, s'il y en a une, ce sera dans la clandestinité !
Je ne dépenserai plus mon argent à payer des fonctionnaires qui dorment (et ronflent - véridique-) dans leur bureaux mais chez Brenda ou dans les petits shacks de grillade de poissons sur la plage ! 


Passé cette étape, nous apprécierons tout de même le pays, ses eaux turquoises, ses requins, ses poissons, ses langoustes, ses dauphins, ses couchers de soleils (ils sont encore gratuits), ses îles désertes et presque désertes, son ambiance générale dé-con-trac-tée.  


Préparation du pain ...

Notre rythme de vie à 4 à bord, ce qui est une nouveauté pour nous, s'installe paisiblement à la cadence des réveils tardifs, des baignades, des rigolades, des apéros et des balades ...

Savoir apprécier les choses simples est un art ... simple ... 
Nous remonterons ainsi la pays du sud vers le nord en zigzaguant en fonction des zones coralliennes et de la météo. Cette dernière s'étant mise en tête de nous faire perdre la notre, en effet, nous avons eu beaucoup de "temps variable" avec des vents qui prenaient plaisir à tourner de 360° la nuit et ou le bateau se retrouvait la moitié du temps, voir plus, non protégé de la houle qui montait rapidement. Nous avons donc eu quelques "sales nuits" avec des réveils ou l'on a qu'une seule hâte c'est de quitter l'endroit ou l'on est. On s'est même vu naviguer plus confortablement qu'on était installé au mouillage, c'est pour dire.

L'invitation du lagon...
S'enchaîneront alors les îles de Wippari Cay, Rendez-Vous Cay avant de nous enfourner dans la paisible baie de Sapodilla. Véritable havre de paix, ce mouillage nous remettra en forme pour poursuivre notre chemin vers le nord.

St Georges Cay: Beaucoup de bateaux de pêche manœuvrent encore à la voile ...
Nous serpenterons entre Ragged Cay, Twin Cays dans des endroits aux sondes nous annonçant clairement que seuls les catamarans et les ketch américains à faible tirant d'eau peuvent être autorisés à franchir ces zones. En effet, comme aux Bahamas, nous avalons des milles dans 1m40 d'eau, parfois moins. Nous irons nous tanker dans le petit trou de végétation de ManOwar. Les barbecues et les soirées musiques s’enchaînent au rythme des milles parcourus...


Faire le singe est aussi un art ...

Habiter sur une île de la Caraïbe est le rêve de beaucoup, on se demande pourquoi ... 
Un petit saut de puce vers Tobacco Cay, près du récif. Là encore, l'ambiance est en dehors du temps et nous apprécions la petite bière fraîche en regardant le soleil disparaître à l'ouest...

Un bar-resto, un ponton, une plage, des palmiers ... What else ?
Une jolie bouffée d'air favorable nous propulsera tranquillement pour les 30 milles qui nous séparent de Robinson Cay ou nous mouillerons. Puis nous ignorerons Belize City qui est aussi peu sure que moche pour traverser les canaux des Drowned Cays. La cartographie est imprécise, le balisage inexistant et le sondeur chute, chute et chute encore, nous faisons plusieurs milles avec 1m20 au sondeur ... pour 1m20 de tirant d'eau ! Deux trainées de boues sablonneuses nous donc suivent parfois... Nous mouillerons ce soir là à St Georges Cay.


Cay Caulker la tranquille...
Encore une petite série de canaux (passage entre des îles rapprochées) avec des sondes de profondeur impensables puis nous déroulons le génois pour rejoindre Cay Caulker. Cette île est très developpée par rapport à ce que nous avons eu jusqu'ici : ils ont des magasins ! ... avec de la viande et de la bière, et nous manquons des deux.
En plus de cette opulence, l'île est vraiment agréable, tout est facile, la bière est fraîche, les petits restos sont nombreux, pas chers et bons... C'est la Caraïbe, celle qui ne doit pas disparaître, celle oubliée par nos Antilles françaises emmerdées par les législations hors de propos sur la création d'entreprise et les lois sanitaires, nos Antilles endormies et mal élevées par nos RMI, RSA et autres nourritures de parasites. Ici, pas de racisme résiduel, ni d'aides de l'état, c'est l'église de la débrouille, la loi de la plage, tout le monde est pieds nus et se salue d'un grand geste de la main: "salut mon frère", frère d'eau, frère de sable, frère de soleil, frère des îles et tout fonctionne plutôt pas mal ...


Belikin est un grand philosophe contemporain avec qui on a beaucoup discuté ...

De petits endroits peinards, sympas et colorés ne manquent pas...
Une dizaine de milles nous séparent de Ambergris Cay et de sa ville San Pedro ou nous irons faire nos formalités de sortie. Nous mouillons dans le lagon par 1m40 d'eau. D'énormes raies en bancs de 3 à 10 passent régulièrement sous le bateau, c'en est à un tel point que nous devons inspecter les alentours du bateau avant de plonger pour se rafraîchir. Je sais, on a des soucis terribles ...

San Pédro est une petite ville très agréable, touristique mais au rythme lent imposé par l'ambiance générale. Les voitures comme partout sur la cote du Belize sont des "golf-cart", de toutes la couleurs, de 2 à 6 places et donnent le tempo du trafic routier: lent et fun.

Pour quitter San Pedro, 2 options pour traverser la barrière de corail: redescendre de 20 milles ou prendre la passe de San Pedro. Tout le monde en parle de cette passe, plutôt des dangers qu'elle comporte. Réputée infranchissable par vent fort à modéré, les courants nous entraînent de plus vers les récifs acérés et à fleur d'eau et pour couronner le tout la passe n'est pas rectiligne imposant de manœuvrer au milieu. Nous avons le temps, je vais donc avec John inspecter celle-ci en dinghy pour se faire une opinion personnelle et faire des relevés GPS. La passe est effectivement traître, il ne vaut mieux pas y rentrer par mauvais temps sans être solidement motorisé, mais demain nous devons en sortir par beau temps, cela ne nous posera donc aucun problème.

Nous sommes prêt à quitter le pays... Direction: le Mexique !

Le seau de bière, une proposition que ni un anglais ni un breton ne sait refuser ...

vendredi 23 janvier 2015

Le cauchemar que j'ai toujours redouté ...

Les formalités de sortie sont effectuées en douceur, nous mettons le cap sur Très Puntas pour la nuit, demain nous partons pour le Bélize.
Les conditions de vent sont particulières – en fait, emmerdantes – car le vent est instable en force et en direction. Cela lève une mer pas toujours très coopérative ni confortable, de plus lors des creux de vent nous devons utiliser le moteur. Heureusement, le charme des îles efface un peu cet inconvénient, mais la nuit le vent tourne souvent et rend les mouillage inconfortables. Nous sautons ainsi d'île en île, alternant baignades, « trouvailles » de langoustes et rencontres avec les requins....



Nous sommes à Ranguana. Lorsque nous sommes arrivés, il y a avait une bouée de mouillage disponible. Généralement payantes, on s'en passe et jetons notre ancre à proximité de celle-ci, nous sommes seuls : tout va bien. Le lendemain, le vent à tourné (encore) et un bateau de charter arrive, il prend la bouée mais du coup se retrouve assez (trop) prêt de nous pour une nuit paisible. Le skipper vient me voir et me dit qu'il connaît très bien le coin et qu'il y a d'autre corps-morts mais sans bouée, il faut donc plonger pour aller y passer un cordage. Serviable et sympa, il me propose même de le faire pendant que je fais ma manœuvre d'approche avec mon bateau. Cela nous permettra de nous écarter de lui et synchronisera nos rayons d'évitage (ou d'évitement je sais plus). Il commence à se faire tard, s'il faut le faire c'est maintenant avant la nuit. C'est parti, une fois sur place, il est dans l'eau et on lui lance 2 amarres qu'il passe dans le corps-mort, on les récupère, on les passe dans les taquets et nous sommes stables. Et c'est là que je m'en voudrais sans doute toute ma vie, même si cela n'aurait sans doute rien changé : je n'ai pas plongé à mon tour pour aller vérifier... (vous la sentez venir?). En effet, le jour tombe, c'est un corps-mort qui ne risque pas de déraper comme une ancre, les 2 amarres sont solides, blablabla. On met une alarme de mouillage quand même et zou.


Il est 1h30 du matin quand Sandrine me réveille car l'alarme s'est déclanchée. Le vent à tourné, l'île est donc derrière nous, c'est sans doute pour ça. Je vérifie le GPS, aussitôt une sueur froide me couvre le corps, nous dérapons... Ce n'est pas la première fois mais là le récif est tout proche derrière nous. Là, tout va très (très très) vite, j'allume l'électronique car il fait une nuit noire, je ne vois même pas l'île qui est maintenant très prêt, puis les moteurs (même le tribord) et hurle pour appeler Sandrine. Le premier choc sous la quille à du arriver à ce moment là, nous sommes en train de nous échouer sur les coraux et un mauvais clapot qui s'est levé avec le vent nous pousse vers la plage. Le sondeur indique 1m10, nous calons 1m20. Je ne vois rien du tout tant la nuit est d'encre. Le bateau est échoué et ne peut plus bouger malgré mes efforts aux moteurs que je fais hurler, j'entends que ça cogne sur les deux coques avec des bruits terrifiants et déchirants, je suis entrain de vivre le cauchemar que j'ai toujours redouté, nous écrabouillons les coraux et je vois la plage à portée de main. Sandrine s'évertue à éclairer les fonds alentours afin de trouver une « passe » pour qu'on puisse se sortir de là, John est à la VHF est appelle le cata voisin afin qu'il viennent nous tracter avant que nous explosons les varangues, Rebecca est transie, je suis aveugle et sens l'impuissance me gagner. Puis … chance, le sondeur indique soudainement 1m20, je fais pivoter Jingle sur ses moteurs et recule lentement moteurs pleine puissance vers cette sortie improbable. Jingle, tel une tortue rampe d'une quille sur l'autre en marche arrière, les chocs sont redevenus sourds, c'est bon signe. Je suis toujours aveugle mais je « sens » maintenant le bateau flotter, je serre les dents, je ne veux pas perdre mon bateau comme ça, moteurs mi-régime pour avancer malgré les vagues qui nous poussent vers là d’où on vient et suffisamment doucement pour ne pas se prendre un bloc de corail nombreux sur la zone. Demi-tour car nous sommes en marche arrière, puis je « suis » la trace GPS qui nous amené là et continue en direction de la passe d'entrée tant que nous n'avons pas 5m d'eau sous les coques, puis, a priori (car il fait nuit) hors de danger nous jetons l'ancre... Je coupe le moteur tribord qui vient de prendre la claque de sa vie avec son arbre a came en vrac et on fait un 360 visuel autour du bateau pour tenter d'apercevoir des signes de récif a proximité, rien. Vérification des pénétrations d'eau dans les coques, rien. Vérification de l'alignement des safran, c'est bon. Puis on va voir les cordages « responsables », les deux ont cassés en même temps, je le vois et j'ai pourtant du mal à l'admettre. Mon visage est dur, je ne tremble pas mais je vais me servir un verre de rhum car je sens que je ne suis pas prêt de dormir, de peur de refaire le même cauchemar...



Le lendemain je vais vérifier l'état des coques : le dessous des quilles à été « poncé », les flancs de quille ainsi que la partie avant des coques ont été littéralement lacérés par les coraux mais le renforcement Epoxy mis en place lors du traitement anti-osmose à très bien tenu, les dégâts ne sont que superficiels. Les bruits que nous entendions étaient ceux des coraux que nous maltraitions et non ceux de notre polyester qui partait en lamelles. Un safran à été « usé » par le sable mais n'a pas cogné. En revanche nous avons explosé notre quota d'utilisation du moteur tribord qui gémit quand on le met en route pour les manœuvres.


C'est fini mais je ne dors toujours pas très bien, le sentiment de culpabilité propre à tout marin est le pire à faire passer et l'ombre terrorisante de la perte du bateau pointe encore le bout de ses cornes régulièrement ...


jeudi 15 janvier 2015

Démission du Diesel et suprématie du Dacron ...

Le Rio Dulce et sa tranquille sérénité ...
Les pleins sont faits, énergie, eau, provisions et boissons, gas-oil, huiles et essence. Nous
commençons a en avoir marre des pluies torrentielles qui s'abattent quasiment chaque jour sur Frontéras et tout le monde est content de partir. Nous larguons donc les amarres de la marina de Nanajuana puis nous nous glissons entre les bateaux voisins et prenons la direction vers la sortie du Rio Dulce pour aller faire nos formalités de sortie à Livingston. Nous comptons 2 jours de descente tranquille avec un mouillage prévu à la sortie du Golfete, nous avons largement note temps, les moteurs tournent paisiblement à 1500trs/mn, un petit rayon de soleil vient même nous accompagner, musique, tout va bien.

En fin de journée, alors que nous sommes à moins de 2 milles du mouillage prévu, Sandrine m'appelle car elle remarque un cliquetis au niveau du moteur tribord. Aussitôt je met au point mort et ouvre la trappe moteur, une fumée noire s'en dégage à tel point qu'on ne voit même plus le moteur, que l'on coupe aussitôt. On se laisse dériver lentement, le golfe est large a cet endroit, et j'ai enfilé mon bleu car la cale est remplie d'éclaboussures d'huile. Je comprend déjà ce qui s'est passé, le reniflard (un trou gros comme un trou d'épingle sur le haut moteur) s'est bouché et toute la pression est passé par la jauge, éclaboussant tout sur son passage et vidant toute l'huile moteur par la même occasion et c'est ça qui m'inquiète, de plus, pourquoi l'alarme de baisse de pression n'a-t'elle pas fonctionné? Les niveaux sont vérifiés, pas eu de surchauffe, mais plus d'huile du tout, on remet 3litres... 

Le fantôme de la biele se penche sur mon épaule en ricanant. 

Redémarrage... Le (très gros) cliquetis diminue mais reste présent, trop présent, beaucoup trop présent. Appremmment c'est au niveau du haut moteur mais mes capacités de diagnostics s'arrètent là sans démonter. Nous sommes en fin de journée mais nous décidons de revenir à Frontéras avec un moteur, là-bas, Christian – skipper pro sur son cata – ancien patron de garage Citroen – et ancien voisin – saura mieux que moi situer les dégats sur une échelle de "on est bloqué ici" à "on peut repartir". Dès le lendemain matin et malgré la pluie qui s'est remise de la partie, Christian vient avec son expertise : son verdict est clair et sans appel, l'arbre à cames est faussé, sans doute avec lui les coussinets dont les supports de ceux du dessous sont moulés dans la pièce moteur... Gros pépin ...


Une belle Grand-Voile à corne ...
Plan A: Les pièces sont à commander aux Etats-Unis et il faut trouver un (bon) mécano (en qui j'ai confiance) car Christian part aux San Blas pour sa saison de charter... 3 semaines bloquées si tout va bien et tout ne va pas forcément bien par ici ...

Plan B: On reste comme ça et on ne se sert du moteur que pour les manoeuvres, rien ne va s'améliorer c'est clair mais cela nous permet de revenir au Rio en Juillet- Aout et Chritian sera là pour faire les réparations...

Ce sera plan B.

Donc Jingle n'a plus qu'une patte et boite un peu quand on démarre les moteurs, puis fonctionne sur un seul Volvo en croisière. On va faire attention et tout ira bien ... 


Il ne nous arrive pas que des tuiles quand même, en effet, Christophe de Jade Voile m'avertit que la fabrication de nos voiles est terminée et qu'elles sont en attente de partir vers les USA ou nous irons les récupérer au Printemps. Professionnel et sympa, il nous envoie les photos:  

... et un joli génois... 

vendredi 9 janvier 2015

Destination: le Belize ...

Les effluves des festivités qui se terminent (hélas) se sont dissipées (heureusement). Nous avons donc pu reprendre notre rythme de travail de remise en marche du bateau: le dessal à été récupéré chez le transitaire, installé et connecté (nous attendrons notre retour dans les eaux salées pour faire les essais). Puis nous avons remis en place ou changé de place à plusieurs trucs a bord, la survie par exemple laisse la place à un futur barbecue sur le bastingage arrière (gestion des priorités), puis le gréement à été vérifié, les cordages usés et douteux remplacés, notre balise radar dans les haubans refixée correctement, réaménagement de la baille avant avec abandon du système de gaz français pour privilégier l'américain plus courant, notre ligne de mouillage de sécurité à été mise en place au lieu d'être en pièces détachées, etc... Par ailleurs, nous nous sommes commandé une "housse" de protection pour notre annexe, je devais la faire  moi-même mais vu les prix faibles pratiqués par ici et leur expérience, je me suis incliné et ils feront ça aussi bien que moi.

Donc voilà, on est "prêts", enfin aussi prêts que l'on puisse l'être pour pouvoir prétendre (re) partir, sinon on ne part jamais. Derniers échanges de cartographies sur les pontons, téléchargement d'OpenCPN version 4, prise de renseignement sur les détails de formalités d'entrées, repérage des futurs coins de mouillage et coins de plongées, stock de vins, pardon de fruits et légumes, puis on commence à regarder la météo pour sortir du Rio Dulce direction le Belize !

En 2 mots: le Belize est une monarchie constitutionnelle et est membre du Commonwealth. Le chef d'État est donc la reine Élisabeth II, représentée dans le pays par un gouverneur général, qui à la nationalité du pays.

Le pays a pour capitale Belmopan, pour langue officielle l'anglais et pour monnaie le dollar bélizien indéxé sur le dollars US (2 pour 1).

Le Belize se nommait autrefois le Honduras britannique. La dénomination actuelle provient du nom de l’ancienne capitale (Belize city) et du fleuve du même nom.
Le Belize est le seul pays anglophone d'Amérique centrale. L'anglais est la langue officielle, mais l'espagnol demeure la langue la plus utilisée, il est d'ailleurs très étonnant de constater le nombre de langues parlées dans le pays (cf le tableau).

Mais ce que nous allons aller voir c'est la barrière de corail du Belize, c'est la plus longue de l'hémisphère Nord et la troisième au monde, après la fameuse "grande barrière" qui s'étend sur 2000 km en Australie et la Nouvelle Calédonie qui abrite la plus longue barrière continue de 1600 km.
Le récif du Bélize est donc moins important que ces 2 "stars" du récif mais son écosystème est tout aussi foisonnant avec 500 espèces de poissons et 65 sortes de coraux.

Pour aller découvrir ces merveilles nous embarquons avec nous, Jon et Becky, un couple d'amis anglais rencontrés ici, au Rio Dulce, et que nous allons emmener jusqu'au Mexique...

Nous allons descendre le Rio dès lundi, pour arriver à Livingston en début de semaine, puis sortir par le chenal au faible tirant d'eau, traverser la Bahia de Amatique et aller mouiller à l'abri de la langue de terre en bas à gauche de la vue satellite. Ensuite nous allons longer tranquillement l'intérieur de la longue barrière au nord de ce point ou des centaines de petites îles fourmillent et ou le choix de s'installer ne se fait qu'en fonction de la protection qu'elles offrent.

Certaines de ces îles ou groupement d'îles sont des réserves naturelles ou on peut parfois mouiller, souvent plonger mais jamais pêcher. D'autres îles, parfois privées, autorisent pleinement l'ensemble des activités sous-marines...