vendredi 14 juin 2013

Un Paradis qui se mérite

Nous arriverons à Great Inagua vers 4h00 du matin, le phare de Mathew Town nous ayant guidé jusqu’à lui les derniers 15 milles. Les feux par ici sont rares pour ne pas dire inexistant. Il n'existe en fait que 3 phares sur les 500 milles d'archipel des Bahamas et sans doute autant de marques, sinon aucun balisage n'existe ni ne résiste ni à la météo ni aux glissement de sol sous-marins.
Au petit jour, nous débarquerons faire nos formalités d'entrée sur cette île tranquille ou ne vit que très peu de monde malgré son assez grande taille. A peine avons nous commencer à marcher le long de la route qui mène au bâtiment des Douanes et Immigration qu'une voiture s’arrête pour nous y emmener, les voyageurs sont rares par ici, c'est donc une conversation animée que nous devrons interrompre une fois arrivés.

Rarissime encore, l'officier des Douanes qui, tout en sourire, se comporte plus en hotesse d'accueil touristique qu'en douanier en nous souhaitant la bienvenue aux Bahamas et discutant avec nous comme le ferais un tenancier de Pub en nous vantant la beauté de son île dont les 3/4 sont une réserve naturelle. Cela ne lui à pas empêché de se rappeler que les taxes sont de 300 $ (cruising permit inclus) mais nous avons eu tous les tuyaux administratifs pour ne plus être embêtés nulle part ailleurs dans l’archipel. 


Seuls au monde ...
Puis ce sera le tour de l'officier d'Immigration de nous souhaiter la bienvenue et de nous donner les bonnes
adresses pour boire un coup et manger tout en tamponnant nos passeports. Il se proposera même spontanément de nous reconduire en ville avec son véhicule de service en nous précisant sur le chemin ou était la poste, le "general store", l'hopital, etc... Ca, c'est de l'accueil chaleureux.
Nous sommes seuls au mouillage et il en sera ainsi pendant un bon bout de temps...

Nous aurons 100 milles à faire pour quitter cette île aux saveurs de bout du monde et aller nous perdre dans les méandres turquoises du système composé de Crooked Island, Acklins Island et Castle Island. Ici, personne... pas un chat. Nous nous imaginions les Bahamas avec peu de monde mais pas à un tel paradis, nous sommes le seul bateau et nous n'apercevrons pas âme qui vive. Pas d'humain en tous cas car d'énormes raies glissent lentement sous le bateau ainsi que de nombreuses tortues. Nous sommes mouillés par 3m sur fond de sable dans la partie la plus profonde du lagon, nous irons explorer les nombreux canaux sillonnant la mangove en dinghy, c'est la vie sauvage, il n'y a personne, toute cette verdure, tout ce turquoise, pour nous seuls. On vit nus sur le bateau, l'eau est à 28°, un petit morceau de paradis.

Beau le jour, mais beau le soir aussi ...
Un paradis proche de l'enfer si on s'en réfère aux statistiques d'accident, en effet, l'archipel des Bahamas est
le plus grand cimeterre de bateau recensé. On pourrait croire qu'il y est facile de naviguer mais les plages blanches et les eaux attirantes sont trompeuses. Il n'existe aucun balisage, les dangers sont nombreux et multiples, tête de roches, hauts fonds, bancs de sables mouvant et nous sommes obligés d'y passer pour approcher ces îles paradisiaques par ailleurs. Ici, les locaux utilisent la "Eyeball navigation" (navigation yeux grand-ouverts) et naviguent à la couleur de l'eau. Hors de question de partir d'un endroit ou d'y arriver sans avoir très précisément préparé sa nav, avec moults waypoints au poste de barre car inutile de songer descendre à la table à carte pendant les slaloms nécessaires aux approches car ceux-ci se font de visu. Adieux les tirants d'eau de plus d'1m80, de longues navigations parfois avec 70cm d'eau sous la quille sont à envisager mais c'est la recette pour faire de la voile dans une piscine turquoise! Les Bahamas, c'est cool, c'est beau et tranquille mais les navigations c'est du sérieux si on veut en profiter pleinement.





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