vendredi 21 octobre 2016

Escale aux Pays des Lumières ...

Ici, peu de voitures...
L'île aux Moines est une île française, la plus grande du golfe du Morbihan en Bretagne. De 7km par 3,5 dans sa plus grande largeur, elle possède 630 habitants.


Elle fut appelée successivement Crialeis (Croix Courte), puis Enez manac'h (île aux moines), qui donna la contraction du breton actuel en Enizenac'h ou Izenah. Son nom provient du fait qu'elle fut propriété des moines.


En effet, bien que l'ile fut habitée depuis l'époque néolithique comme l'attestent les dolmens encore visibles, c'est en 854 que le roi de Bretagne Erispoë en fit don à l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon, créée par son père Nominoë.



Promenade dans la journée (d'octobre) ...


Retour en fin d'après-midi ...


Et apéro le soir ! ...



jeudi 20 octobre 2016

Travaux, enfin finir pour enfin partir ...

On est le 20 octobre ... On est pas en avance sur le "programme" qu'on avait imaginé pour cette escale 2016 en France. En effet, l'idée était d'être à l'eau entre mi-août et début septembre. On a un ou deux mois de "retard". Pas de mal dans le fond mais nous n'avons pas eu le temps de faire tout ce qu'on voulait. En terme de travaux mais aussi et surtout ce qui nous a manqué c'est du temps pour aller voir les copains et la famille. Bon, cela nous renforce ans l'idée de revenir dans les eaux bretonnes l'été prochain !

Toujours est-il que nous allons, enfin, quitter Arzal. Les travaux, ceux commencés en tout cas, sont finalisés, et les restrictions d'éclusage terminées. Quelques jours dans le golfe pour faire passer la dépression centrée au large du cap Finistère puis révisions 50 heures des moteurs par Volvo, installation du lazy-bag qui nous attend à Pornic puis route dans le 230 !



Remplacement de la drosse de barre: patience et épissures sont nécessaires. Puis une pointe de génie et des acrobaties pour la faire passer dans des poulies inaccessibles ...

Finalisation et évolution de l'électronique du bord ...


Ces petites merveilles de technologie miniaturisée viendront dorénavant compléter notre équipement personnel de sécurité.
En cas de pépin, elles envoient une alarme ASN à la VHF (qui hurle, on à testé) et dans le même temps envoient la position GPS à l'AIS du bord. En clair, si l'un de nous tombe à l'eau, ça sonne l'alerte et ça dit on on est ! On à longtemps attendu qu'une telle technologie soit fiable, on l'a trouvé en Angleterre !


mercredi 12 octobre 2016

Hublots dans hublots, oser la pose ...

La pose des hublots dans les plexi d'avant en quelques étapes... Un seul conseil mais primoridial: passer par un pro, un vrai. Pour nous : Les Plastiques de l'Estuaire.

Pose du gabarit, découpe et maintien de la pièce centrale


En cours et découpe terminée - Finitions.

Pose du dormant, collage et boulonnage...

Et voila !

vendredi 30 septembre 2016

Ça Turbine au pays de la Sardine ...

Trois petits tours, trois petits jours sur Hoedic et même si la fatigue de cette dernière traversée n'est pas complétement oubliée, nous pouvons faire route vers la Turballe.

L'équipe d'accueil est super sympathique et nous trouvons une petite place pour caser Jingle sans trop gêner l'entrée au port. Sébastien de Atlantique Gréement, avec qui nous étions déjà en contact, passe nous voir et nous file des tuyaux sur les différents professionnels locaux pour les différents travaux que nous avons à réaliser. Car nous sommes ici pour travailler sur le bateau :

- Remplacement global du gréement, nous en profiterons pour démonter/contrôler/refixer les platines de fixations de poutre et galhaubans.
- Remplacement des 2 ensembles moteur/saildrive, nous en profiterons pour ré-aménager et repeindre les cales moteurs.
- Remplacement des Plexiglas de carré et de coque. Nous en profiterons pour y insérer des hublots ouvrants.
- Remplacement du trampoline, nous en profiterons pour modifier le type de maille de celui-ci.
- Remplacement de la sellerie intérieure et de notre matelas de lit (il à 8 ans, il est temps!)
- Installation d'une buanderie avec lave-linge
- Remplacement des joints d'étanchéité de salles de bains
- Remplacement de la robinetterie, miroirs, luminaires...
- Modification et création de placards de stockage et rangement
- Création d'un "espace atelier" avec établi
- Révision unité de puissance du pilote, éolienne et moteur hors-bord de l'annexe...

Habitué aux chalutiers de 200 tonnes, nos 12 tonnes sont légères ...
Nous n'en sommes encore qu'a prendre des rdv avec divers professionnels qu'une vedette des douanes arrive dans le port... Ces messieurs viennent nous voir et contrôlent les papiers du bateau, qui est immatriculé en Martinique (France):

- Vous importez le bateau ? 
- Non, nous sommes de passage en métropole pour réaliser des travaux.
- Peut-être ... mais les douanes considèrent cela comme une importation, vous devez payer la différence de TVA entre la Martinique et la France, soit 10% de la valeur du bateau ... (gloups)
- Nous ne restons que 3 mois, cela doit être considéré comme une "importation temporaire" ?
- Oui, mais dans ce cas vous auriez du faire une demande "avant" de partir de Martinique. Celle-ci n'étant pas faite, vous êtes redevable d'une amende.
- De combien ?
- De 10% de la valeur du bateau ... 

Le piège s'est refermé ...



Cela fait à peine une journée que nous sommes dans un port de France, et en guise d'accueil, nous nous heurtons à la compréhension légendaire des douaniers, très au dessus du panier du reste des fonctionnaires inutiles (car certains sont indispensables) ... Le lendemain, nous passerons 5 heures dans leur bureau sur la vedette à comprendre, puis abandonner devant un mur d'ouverture d'esprit et de compréhension. Nous l'apprendrons plus tard, la loi n'est pas aussi rigide que cela et un "retard" de déclaration peut tout à fait se rattraper, cela dépend de l'humeur et du niveau d'humanité de la personne que l'on à en face de soi...

Lulu, la grue nantaise, en action ...
Bon, c'est pas le tout mais on a du boulot, faut que ça turbine !
Primo sortir le bateau de l'eau, l'élévateur de 340 tonnes s'en chargera sans aucune difficultés.
Puis commencera la valse de voiture de loc à aller chercher, des échelles à emprunter, du démontage du mat, de la poutre, du pilote, de l'éolienne, des moteurs in-board/hors-bord, décapage, découpage, découvertes, déconvenues déconcertantes et solutions à trouver...

La cale biaise ...

Entres autres nous découvrons, par voie officieuse mais sérieuse, que Fountaine-Pajot s'est trompé dans certaines longueur de haubans/étai et que l'usure prématurée de notre mat en est le résultat direct. De plus notre embase de mat n'est assez inclinée pour obtenir la quête de mat nécessaire. L'ensemble sera réglé, après quelques jours de recherche, de documentation et d'imagination, en coupant le pied de mat de 7cm afin d'ôter la partie devenue dentelle, puis de compenser la partie manquante par une cale biaise reprenant l'angle qu'on aurait du avoir au départ. Du temps, du calcul, du dessin mais la solution sera très acceptable au final.

Résultat satisfaisant
Nous allons galéré sévèrement lors du démontage de nos plexi. En effet, ceux-ci ont été collés avec une "colle" qui laisse perplexe les professionnels confrontés au problème. C'est un mécanicien qui nous trouvera l'hypothèse la plus probable: c'est de la colle de pare-brise de voiture bon marché (bravo Fountaine-Pajot encore) qui aurait été utilisée. C'est sans doute pour cela que cette colle ne résistait pas aux UV de la Caraïbe, séchait, coulait, salissait le pont mais n'était plus étanche. Nous avions quand même du faire un joint temporaire au silicone autour de tous les hublots avant notre traversée. Huit heures à deux personnes nous auront été nécessaire pour démonter "un" hublot ... Une semaine complète à ne faire que ça, plus 2 heures d'ostéopathe, seront donc nécessaires à cette tâche, puis nettoyage des zones de joint, ponçage, décapage... Étrangement, la pose des nouveaux vitrages ne prendra qu'une journée ...



Les vitrages sont enlevés, maintenant faut préparer la venue des nouveaux ...


Le choix du lave-linge en fonction des programmes basse-conso et surtout en fonction de sa
géométrie fait, nous pouvons faire courir du câblage 220v à travers tout le bateau, prévoir une alimentation à température contrôlée et une évacuation. Puis construire un châssis et des attaches solides, imaginer quelques étagères à lessive et autres produits sanitaires et rendre le tout à peu près joli. La mise en place du lave-linge par lui même fut court car bien mené mais assez épique avec l'un dedans à pousser, tirer, jurer sur la machine suspendue à la drisse de GV qui passait par un hublot de pont et l'autre dehors au winch à déterminer si les cris entendus étaient "monte", "descend" ou simplement un vocable Hadockéen... Elle est en place, et nous l'avons regardé tourner le soir comme hypnotisés devant un écran télé ...

Les semaines passent, les aller-retour au Brico du coin se multiplient, les prises de côtes, les crobards et découpes se poursuivent et ne sont interrompus qu'avec nos proches qui viennent nous encourager et nous extirper un temps de notre labeur pour aller manger quelques sardines. Car la Turballe est un grand port de pêche, le 7ème du nom en France tout de même. Nous vivons au milieu des chalutiers, certains très proches de nous car au chantier comme nous pour maintenance annuelle ou pas très loin dans le port qui est à deux pas et qui, 24h/24 et 7 jours sur 7, remplissent leurs cales de glace, partent plusieurs jour à la recherche de, suivant la saison et le type de bateau, anchois, sardines, thons... De là où nous sommes nous pouvons les voir débarquer le produit de leur pêche, dérouler les chaluts à terre pour réparation, démonter des hélices grandes comme un homme, tronçonner des éléments tordus dans les manoeuvres de pêche, souder, peindre ... On en a appris beaucoup à notre grand bonheur.

Plus de mat, de poutre, de martingale, de trampoline, de hublot, de moteurs ...

Va falloir faire quelque-chose pour la déco ...


Puis nous commencerons à remonter des choses sur le bateau, gréement, hublots, sellerie intérieure, cordages, électronique, etc ... Jingle recommence à avoir l'air d'un bateau. L'appel de l'eau se fait sentir.
Une petite peste de panne électrique aléatoire, qui nous a cramé 3 boîtiers électronique de moteur, nous a fait suer une bonne semaine et a encore retardé notre départ de la Turballe.

Nous y sommes restés presque 3 mois, l'atmosphère et l'ambiance nous ont plu. On reviendra ...

Trampoline en PVC soudé ...

Nouveaux coloris d'intérieur ...
Après destruction des anciens aménagements                                      Après reconstruction

Bâbord: pendant le démontage de l'existant                   -                     Après reconstruction ...

Sardines, patate au four, muscadet ... Une trilogie du bonheur simple qui fonctionne ...

Nos couchers de soleil pendant près de 3 mois ...

lundi 20 juin 2016

Açores-Bretagne, tout ce que vous ne voulez pas savoir ...

La météo n'est pas formidable, mais il faut quand même penser à partir ...

Les fenêtres météo se font rares, c'en est même devenu le sujet de discussion principal sur les pontons. En effet, l'instabilité due aux basses pressions rend difficile les prévisions.

Les Açores ...
Puis, nous entrevoyons, une possibilité avec une période de 4 jours de grand largue nous faisant faire une route nord-nord/ouest suivie d'un flux de nord-est nous faisant, après un empannage, faire une route directe sur 5 à 6 jours vers la Bretagne, 1300 milles devant.

Nous sommes aux environs de midi quand, formalités faites, nous appareillons. Le brouillard est dense et nous espérions qu'il se serait levé, mais cela fait 2 jours que nous sommes dans la purée de pois, alors pourquoi pas aujourd'hui aussi ... Donc, nous n'avons rien vu des Açores de loin en arrivant, c'en sera de même en repartant. Une seule éclaircie nous montrera fugassement un morceau de côte ... Un premier grain à 30 noeuds nous fera capeler gilets et cirés dans la première heure, c'est clair, nous sommes partis !

Nous naviguerons ainsi 3 jours dans le brouillard. C'est un peu oppressant au début, puis finalement nous nous habituons à cette navigation "IFR" – Instruments Flying Rules adoptées par l'aviation – grace à notre électronique de surveillance. Nous n'allons pas bien vite, nous sommes à la limite du grand largue/vent arrière. On enverrait bien le spi mais nous n'apercevons notre tête de mat qu'avec difficulté, nous doutons donc que cette grande surface blanche et frivole de 130m2 soit facile à surveiller...et nous finissons par nous complaire dans cette lenteur agréable...

Plus nous avançons, plus ce "flux" de nord se densifie et devient préocuppant. En effet, les barbules des fichiers grib se ressèrent et se recourbent, une dépression est en train de naître en nord-Irlande. L'anticyclone situé à la hauteur du Portugal ne fera pas tripette face à ce qui est en train de se former... Mince, on va se prendre une branlée...



Nous empannerons alors que les vents sont encore maniables et faire ainsi une route plus nord. Cela nous rallonge, mais nous n'en sommes pas là. Le but est de pouvoir encaisser ce qui est maintenant devenu une dépresson assez "serrée", elle ne devrait pas durer plus de quelques jours mais nous sommes sur son chemin et il vaut mieux se reserver de la marge pour pouvoir abattre (incliner notre route) quand elle nous tombera dessus. Décidemment pas de bol, comme avant les Açores, on se prépare à la guerre. On sangle, on sécurise, on vérifie le matériel de sécurité... Sandrine cuisine des trucs facile à ingurgiter... Puis on attend, puis le vent tourne et se lève...

La mer est désordonnée et difficile. Elle grossit d'heure en heure, les vents atteindront 30 noeuds. La lame est haute mais courte. Jingle ne sent pas à l'aise dans ce chaos et à du mal à trouver ses marques dans cette mer hachée. Nous affinons les réglages afin de trouver le bon angle d'attaque. Le temps continue à grossir lentement, ce sera 40 noeuds le lendemain avec une mer qui doit être dans les 7m. Les départs en surfs se multiplient, la mer est toujours courte et pour la première fois Jingle enfourne de l'étrave tribord, nous sommes à 18 noeuds. Les étraves, à l'intérieur, sont remplies de mousse d'insubmersibilité pour moitié, le resultat est un effet "bouchon" rassurant lorsque celles-ci sont submergées. Nous changeons les réglages du pilote pour le faire lofer de plusieurs degrés afin de ne plus "planter" dans la vague de devant.

L'ambiance à bord est irréelle et hors du temps. Nous surveillons la mer et le vent, nous mangeons de la soupe, du pain et du jambon et nous essayons de trouver du repos. Nous vivons en tenue de quart nuit et jour et dormons dans le carré.
La vitesse du bateau est telle que la force de l'eau sur les hélices fait tourner les moteurs, nous devons couper le contact régulièrement.

23,8 noeuds enregistrés ...
C'est le jour suivant que nous aurons le droit au maxi avec 47 noeuds de vent, les corps sont maintenant habitués, le mental est verrouillé, le bateau – 3 ris/tourmentin – est prêt, nous sommes prêts. Etrangement, ça passe mieux car les vagues, bien qu'elles aient encore grandit un peu, sont plus longues. Nous faisons de longs, très longs, très très longs surfs ... Nous étions régulièrement à 17/18 noeuds, maintenant nous sommes à 20/22 noeuds... Nous enregistrerons même une pointe à près de 24 noeuds. Nos sens sont en alerte, bien sur, mais le bateau se comporte aussi bien que lors de la tempête tropicale aux Bahamas que nous avions essuyée quelques années auparavant. Il est stable, serein et conserve sa route. Soupe, pain, jambon, dodo...

Puis toutes les bonnes choses ont une fin (...), au 4ème jour de baston, les vents ont commencés à baisser. Les vents se stabiliseront le soir à 25 noeuds, nous renvoyons de la toile pour bien glisser sur la vague qui est encore grosse. Et là, c'est bien, le vent est fort mais pas trop, on continue à surfer sur la mer qui est orientée pile dans l'axe de notre destination, on avance vite mais c'est plus "calme". On peut commencer à se détendre, enlever nos tenues de pingouins et nos bottes, dormir dans un vrai lit et on ira même jusqu'à s'offrir une douche, rendez vous compte...

Le passage du rail ... Nous sommes au milieu des cercles rouges ...


Les jours qui suivront vont diminuer d'intensité progressivement mais nous resterons à bonne allure. Nous croiserons à la perpendiculaire le rail de cargos Ouessant/La Corogne, là encore merci l'électronique qui nous à permis de traverser cette avalanche de tonnes de ferraille sereinement. Ensuite, la route sur les îles bretonnes sera directe.


Nous arriverons de nuit. Hoedic qui était notre premier choix d'atterissage laissera la place aux Grands Sables de Belle-Île, plus simple d'accès de nuit. Puis nous rejoindrons notre belle petite île de Hoedic. Pour finir cette traversée avec panache, lors de l'approche du mouillage, juste après les zig et les zag entre les cailloux, la barre à roue s'est retrouvée toute molle et sans vie dans mes mains, la drosse venait de casser ... A peine arrivés, il à fallut démonter quelques cloisons, pour accéder aux poulies de renvoi de drosse et réaliser une réparation de fortune. Enfin, détente ... Le port de la Turballe où nous allons sortir le bateau ne pourra nous recevoir que dans quelques jours, cela tombe très bien, nous allons pouvoir revenir à une vie "terrestre" progressivement... Commençons par aller boire un verre à "la Trinquette" ...

Hoedic ...



mardi 7 juin 2016

Jingle, en quelques coups de pinceau !

Vous ne pouvez raisonnablement pas dire que vous êtes passé à Horta sans y avoir laissé votre empreinte, votre blason, votre oeuvre qui témoignera de votre escale...

Tradition qui remonte à plus loin que les mémoires, les quais, les trottoirs, les murets, chaque recoin de pierre ou de béton, les bancs ... sont recouverts d'une "oeuvre" peinte par les équipages des bateaux de passage dans ce lieu situé sur la route retour des alizés.

La météo, nous à offert l'opportunité de nous soumettre à cette tradition. Tâche que nous avons remplie avec autant de sérieux que de plaisir ...

1 - Trouver un endroit vierge et disponible
2 - Le gratter, brosser, nettoyer
3 - Passer une couche de "base", en blanc pour nous.















4 - Dessiner/Tracer au crayon ...
















5 - Coups de pinceau en noir


 6 - Coups de pinceau en orange



7 - Coups de pinceau en gris


8 - Et voila ...




lundi 6 juin 2016

Horta, du vent, du vin, des copains...

Nous sommes le long de la digue qui protège le port
Nous resterons à faire le pendule au bout de notre chaine d'ancre pendant 2 jours sans aller à terre. Nous sommes "à l'abri" derrière le mont de Guia, il freine un peu les vents dominants mais cela engendre des turbulences et des sautes de vent impressionnantes. Deux jours pendant lesquels nous essuierons des vents entre 40 et 50 noeuds, il fait froid, nous ne quittons plus nos ensembles polaire. Le soir nous ne les enlevons que sous la couette... 
Le coeur de la depression monte vers le nord, les pluies faiblissent puis le temps devient variable, nous pouvons mettre l'annexe à l'eau et nous diriger vers les bureaux du port de Horta pour faire nos formalités d'entrée. Sympathiques et compréhensifs, les agents du port nous trouverons même une place le long du quai principal. Une accalmie est attendue pour le lendemain matin, nous en profiterons pour manoeuvrer.



Les jours suivant, nous verrons arriver les bateaux qui étaient encore en mer lors du passage de la dépression... Autant il à été désagréable pour nous d'avoir à courir pendant 5 jours en regardant par dessus notre épaule, autant nous nous félicitions de la stratégie adoptée – même si nous n'avions que peu de choix – en voyant l'état des bateaux et équipages qui arrivaient les uns après les autres à Horta. Nous assistions au spectacle du retour de guerre d'une armée vaincue. Gréements cassés, voiles déchirées ou absente car envolées, perdues dans la tempète, radeaux de survie percutés... 
Le plus impressionnant à été un équipage scandinave à bord d'un monocoque de 60 pieds typé course au large, de beaux bébés pourtant batis comme des vikings aguérris et dans la force de l'age, mais qui sont arrivés épuisés, bléssés, brisés avec un bateaux ayant subit nombres d'avaries de gréement. Puis certains sont arrivés avec des pannes habituellement simples à réparer en temps "normal", mais un groupe d'eau qui claque au début de la tempète et vous n'avez plus d'eau à bord, la vaisselle peut attendre mais se dessaler le visage avant de dormir après son quart n'est pas du luxe et puis ... il faut boire. 
Certains sont restés jusqu'à 5 jours à la cape, immobiles sur l'eau à subi les affres du mauvais temps, etc ... les témoignages sur les pontons avaient de quoi effrayer mais aucun dégat "humain" n'était à déplorer. Seules de belles cicatrices resteront dans les souvenirs nautiques de chacun...



La météo ne nous à pas offert une belle escale, pas au sens touristique du terme, car nous voulions nous promener un peu sur l'île. En effet, les surventes régulières ne nous permettaient pas de nous éloigner du bateau trop longtemps. Nous avons tout de même reussi à arracher un taquet et affaiblir une amarre une nuit un peu plus violente que les autres. Nous avons du trouver des pare-battages supplémentaires pour nous protéger du quai en pierre, un peu trop menaçant... 
En revanche, nous avons eu une escale riche en rencontres et une petite bande s'est rapidement crée avec laquelle nous avons écumé les restaurants de poissons et de viandes grillées de Horta. Le vin açoréen était bon et réchauffait les boyaux un peu tendus par les derniers évenements. L'ivresse en terres lointaines avec des copains de mer à quelque-chose de magique...




Quelques éclaircies nous ont tout de même permis de découvrir cette jolie ville dont l'architecture de certains batiments nous révèle un passé riche en activité. Hélas aujourd'hui le commerce maritime et la pêche se sont sevèrement calmés. En revanche, le faible cout de la vie, la proximité de l'Europe ainsi que les nombreuses randonnées pédestres font survivre cet archipel qui reste à découvrir ...

Un peu à l'extérieur de la ville, un quartier résidentiel à la serénité des îles de pêcheurs...


Vestiges des temps passés, les hotels sont devenus appartements...

Notez les rues pavées et ainsi que les trottoirs décorés propre à la culture portuguaise



Les produits locaux sont parfaits pour faire des approvisionnements ...

Réparation de fortune du taquet arraché ...