lundi 6 juin 2016

Horta, du vent, du vin, des copains...

Nous sommes le long de la digue qui protège le port
Nous resterons à faire le pendule au bout de notre chaine d'ancre pendant 2 jours sans aller à terre. Nous sommes "à l'abri" derrière le mont de Guia, il freine un peu les vents dominants mais cela engendre des turbulences et des sautes de vent impressionnantes. Deux jours pendant lesquels nous essuierons des vents entre 40 et 50 noeuds, il fait froid, nous ne quittons plus nos ensembles polaire. Le soir nous ne les enlevons que sous la couette... 
Le coeur de la depression monte vers le nord, les pluies faiblissent puis le temps devient variable, nous pouvons mettre l'annexe à l'eau et nous diriger vers les bureaux du port de Horta pour faire nos formalités d'entrée. Sympathiques et compréhensifs, les agents du port nous trouverons même une place le long du quai principal. Une accalmie est attendue pour le lendemain matin, nous en profiterons pour manoeuvrer.



Les jours suivant, nous verrons arriver les bateaux qui étaient encore en mer lors du passage de la dépression... Autant il à été désagréable pour nous d'avoir à courir pendant 5 jours en regardant par dessus notre épaule, autant nous nous félicitions de la stratégie adoptée – même si nous n'avions que peu de choix – en voyant l'état des bateaux et équipages qui arrivaient les uns après les autres à Horta. Nous assistions au spectacle du retour de guerre d'une armée vaincue. Gréements cassés, voiles déchirées ou absente car envolées, perdues dans la tempète, radeaux de survie percutés... 
Le plus impressionnant à été un équipage scandinave à bord d'un monocoque de 60 pieds typé course au large, de beaux bébés pourtant batis comme des vikings aguérris et dans la force de l'age, mais qui sont arrivés épuisés, bléssés, brisés avec un bateaux ayant subit nombres d'avaries de gréement. Puis certains sont arrivés avec des pannes habituellement simples à réparer en temps "normal", mais un groupe d'eau qui claque au début de la tempète et vous n'avez plus d'eau à bord, la vaisselle peut attendre mais se dessaler le visage avant de dormir après son quart n'est pas du luxe et puis ... il faut boire. 
Certains sont restés jusqu'à 5 jours à la cape, immobiles sur l'eau à subi les affres du mauvais temps, etc ... les témoignages sur les pontons avaient de quoi effrayer mais aucun dégat "humain" n'était à déplorer. Seules de belles cicatrices resteront dans les souvenirs nautiques de chacun...



La météo ne nous à pas offert une belle escale, pas au sens touristique du terme, car nous voulions nous promener un peu sur l'île. En effet, les surventes régulières ne nous permettaient pas de nous éloigner du bateau trop longtemps. Nous avons tout de même reussi à arracher un taquet et affaiblir une amarre une nuit un peu plus violente que les autres. Nous avons du trouver des pare-battages supplémentaires pour nous protéger du quai en pierre, un peu trop menaçant... 
En revanche, nous avons eu une escale riche en rencontres et une petite bande s'est rapidement crée avec laquelle nous avons écumé les restaurants de poissons et de viandes grillées de Horta. Le vin açoréen était bon et réchauffait les boyaux un peu tendus par les derniers évenements. L'ivresse en terres lointaines avec des copains de mer à quelque-chose de magique...




Quelques éclaircies nous ont tout de même permis de découvrir cette jolie ville dont l'architecture de certains batiments nous révèle un passé riche en activité. Hélas aujourd'hui le commerce maritime et la pêche se sont sevèrement calmés. En revanche, le faible cout de la vie, la proximité de l'Europe ainsi que les nombreuses randonnées pédestres font survivre cet archipel qui reste à découvrir ...

Un peu à l'extérieur de la ville, un quartier résidentiel à la serénité des îles de pêcheurs...


Vestiges des temps passés, les hotels sont devenus appartements...

Notez les rues pavées et ainsi que les trottoirs décorés propre à la culture portuguaise



Les produits locaux sont parfaits pour faire des approvisionnements ...

Réparation de fortune du taquet arraché ...

lundi 30 mai 2016

Antilles-Açores: vent debout, vents forts et ventre-à-terre ...

Livraison express: Merci Hervé !
Vendredi, jour du départ, 6h debout. 
Nous quittons le mouillage confortable de Ste Anne en diretion du Marin pour faire le plein de gas-oil.
Hervé (ex-TraouMad, maintenant sur Topaze avec sa petite famille) vient nous y saluer et nous apporter un ultime colis qui vient d'arriver de chez Nespresso, nous aurons du café pour cette transat !

Le vent se lève un peu et nous virons la pointe des Salines vers 10h30. Le vent est fidèle à ce que nous attendions et nous faisons route dans le 10.
A 13h, nous nous prenons 1 puis 2 orins de casier dans le safran babord, le bateau s'arrête et se met tout seul en panne. Sandrine se met à l'eau avec masque, tuba et couteau et moins d'une demi-heure plus tard nous repartons. Nous devons, du coup, effectuer une veille attentive aux casiers qui sont tous en dehors des zones autorisées, on se demande après pourquoi il n'y a plus de langouste en Martinique...
17h premier grain, 23 nd de vent pendant 2 heures puis retour au calme.

Nous passerons la Dominique pendant la nuit, ainsi que la majeure partie de la Guadeloupe. Au matin du samedi nos avons une mer hachée qui cogne un peu et rend la navigation peu confortable, nous sommes au bon plein et ne pouvons guère abattre, ni lofer sans perdre beaucoup en cap... Le vent est assez fort, nous sommes sous 1 ris et genois 4/5. L'ambiance est sport mais la pêche est bonne.

Ceci durera 7 jours. Sept jours qui se ressemblerons à +/- 10° de vent et donc de route et +/- 5 noeuds de vent. Nous avançons bien, le reste n'est qu'endurance et patience.

Puis les vents de Nord-Est finiront par adonner... en faiblissant. Le pilote réglé sur la girouette suivra ce changement, quoiqu'au final rien n'ait vraiment changé, nous sommes toujours au bon plein, la mer à suivi le vent, seul notre route s'est orientée ves l'Ouest et, évidemment, notre vitesse à chuté. Ha oui, le temps s'est dégradé, le soleil à quasiment disparu et il commence à faire frais. Nous collectionnons tout de même les dorades meunières, dorade aux pommes sautées et fines herbes, colombo de dorade, dorade au gingembre, champignons noirs et son riz au soja, nouilles sautées ail et dorade, etc etc ...


Nous allons ensuite rentrer dans la phase "énervante" du parcours. En effet, nous avions imaginé une transat au portant par vent faible a modéré et nous avons rencontré un vent très "joueur" qui nous a littéralement tourné autour en variant sa vitesse. Excellent pour l'entrainement aux manoeuvres, mais nous avons passé une semaine complète à régler nos voiles, empanner, virer, border et prendre des ris sans arrêt, pour pouvoir passer les grains succéssifs... Acceptable de jour, ça devient vite lassant la nuit quand il faut manoeuvrer 4 fois au lieu de dormir. Nous aurons même à faire le gros dos avec des vents réels relevés à 52 noeuds lors de passage de grains.. Tout ça pour de pas avancer beaucoup sur notre route car les vents non seulement ne sont pas favorables mais ne sont pas très puissants non plus en dehors des rafales orageuses. Globalement, on se traine ... et le temps est toujours aussi maussade...



Puis la mauvaise nouvelle météo tombe: la dépression que nous observions du coin de l'oeil depuis plusieurs jours va nous passer dessus. Elle est actuellement très au nord-ouest mais arrive très vite et se forme dangereusement. Les prévisions satellites annoncent des vents de l'ordre de 50 à 60 noeuds. Toutes les hypothèses de routes sont étudiées pour échapper à la bête qui grossit chaque jour et qui va s'abattre sur nous. On imagine même de partir en fuite plein sud, plein nord... Mais rien n'est convaincant... Je n'aime pas prendre la cape, je ne sais même pas ce que cela pourrait donner avec un catamaran. L'option choisie est donc de filer comme une balle vers notre destination, la depression, suivant nos calculs, devrait ainsi nous rattraper le jour de notre arrivée. L'idée est simple: faire vitesse max en ligne droite vers l'archipel des Açores - la première ile venue fera l'affaire - puis faire un arrêt au frein à main dans la première planque disponible et attendre une semaine que la depression passe.

Ca tombe bien, les prémisces du mauvais temps font que le vent se lève et s'oriente grand-largue. La mer se forme rapidement dès la première nuit et nous donne la mesure de ce qui nous suit. Cela à le mérite de nous offrir une vitesse moyenne à plus de 9 noeuds avec des pointes de vitesses à 17 noeuds sur de longs surfs. L'ambiance est à la préparation au combat, on range tout le matériel extérieur, on arrime, on sangle, on sécurise. Puis on attend... Il fait froid, le ciel est lourd, noir et chargé. Chaque jour qui passe le vent forcit, mais la grosse claque nous suit toujours et s'approche. Enfin, les Açores apparaissent sur nos écrans...

Nous prendrons la passe entre Faial et Pico

Au petit matin, nous pouvons affiner notre route. La dépression aurait déja du nous rattrapper mais nous n'avons "que" 30 noeuds. Nous décidons donc de passer par le goulet entre les iles de Faial et Pico, puis une fois "dedans" nous aviserons en fonction de l'état de la mer et de l'avancée de la bête si nous tentons une manoeuvre d'entrée dans le port ou si descendons le goulet et allons mouiller derrière une des iles.

Nous avons un autre problème, le brouillard est à couper au couteau et nous ne voyons rien. Les îles sont invisibles, les autres bateaux, voiliers et de pêche, qui rentrent également dare-dare à l'abri ne sont visibles que sur l'electronique. Les feux et phares censés nous confirmer la présence des îles sont absents, nous sommes dans le coton et le vent est monté progressivement à 35noeuds et monte encore... Il ne manquait qu'elle, la pluie s'est invitée à la fête...

Tel un sous-marin, nous avançons en aveugle vers la passe. Arrivés à sa hauteur, la
remontée brusque des fonds génère des vagues plus sévères encore. Les vents sont maintenant à 40 noeuds, la pluie bat son plein, nous entrons dans la passe. La lame est trop "pointue" pour que nous imaginions un 180° bout-au-vent. Nous affalerons donc plein vent arrière, nous sommes à 3 ris, il ne reste donc plus beaucoup de toile en l'air mais 20 minutes de jurons seront nécessaires à cette manoeuvre... Comme quoi, d'avoir du vocabulaire, ça aide !

La nuit est maintenant tombée, travers à la lame, on à demandé à nos moteurs, faibles et cassés, leur maximum pour nous diriger vers la digue de Horta. Des enrochements brisant les lames sont juste sous le vent à quelques encablures seulement et nous entendons la furie des vagues et du vent malgré la pluie et le brouillard. Le démon d'une panne moteur vient nous frôler l'esprit, si cela arrivait dans ces circonstances le bateau serait perdu. Nous ne sommes qu'a 300m du feu rouge de l'extrémité du môle quand nous l'apercevons à travers les batrasses de flotte. A peine sommes nous passés de l'autre coté que la mer se calme. Le vent est toujours présent et ne nous permet pas de communiquer de loin, aussi Sandrine à ses directives pour mouiller l'ancre: dès que je hurle, elle envoie 70m de chaine! Les moteurs (en fait "le" moteur) ne sont pas assez costauds pour remonter le vent aussi, dès que le sondeur à annoncé moins de 10m de fond, on a balancé l'ancre. Sandrine rentre se mettre aussitôt à l'abri, je reste à surveiller que le mouillage tienne bien avant de me détendre.

Nous sommes trempés et transis car l'eau est entrée dans nos vétements de haute-mer hauturier super-goretex super-cher super-Musto mais qui fait passer super-bien l'eau, il en est de même pour nos bottes. Nous sommes comme deux chiens mouillés grelottant sous l'orage... mais rien qu'une bonne douche chaude et une soupe brulante accompagnée d'un coup de rouge ne viennent à bout !


Bilan: 18 jours, 2700 miles nautiques... On avait prévu de la lecture en cas de manque d'action, et bien, on ne s'est pas ennuyé !


vendredi 13 mai 2016

Vendredi 13 ... Lapin, lapin , lapin ...

Dernier coucher de soleil sur Ste Anne ...

Les approvisionnement sont terminés, les travaux de réparations et préparation sont effectués, revisions faites, demain nous faisons les pleins de carburant pour passer les zones de calmes et puis zou ! Nous ferons route au Nord/Nord-Est avec le plus d'Est possible mais les vents dominants seront aussi d'Est alors il y a de grandes chances que la route soit très "nord" juqu'à la latitude des Bermudes, puis on inclinera selon les volontés d'Eole pour tracer vers les Açores, escale technique et touristique ...

Heu, oui on part un vendredi 13, mais cette date porte autant bonheur que malheur alors on prend le bon coté des choses et on se dit que c'est vraiment un coup de chance ! :)


dimanche 24 avril 2016

Transat ... et de 3 !

Nous commençons la préparation pour notre Transat, troisième du nom. Stock de nourriture (peu de choses indispensables nous manquent), gestion des unités Iridium pour la météo, réorganisation de la garde-robe des tenues de navigation, et oui, on remonte vers le nord, on se prépare au froid glacial des été bretons. Et puis, c'est tout ... En effet, le bateau est en mode "navigation hauturière" de façon permanente, seuls quelques ré-ajustements minimes sont donc à effectuer : Nous sommes prêts !

La route est tracée, c'est simple: Antille-Açores (2200 milles), puis Açore-Bretagne (1250 milles).
Nous sommes en surveillance météo. La situation globale est encore trop instable pour une traversée sereine et confortable. Le créneau "habituel" est de Mai à Juin, nous ne sommes qu'en Avril, rien d'étonnant à ce que les conditions ne soient pas encore en place... Donc patience...


En attendant, si localement le vent nous le permet, quelques promenades d'îles en îles ne sont pas à exclurent …  

A la descente c'est la Route du Rhum, à la remontée, c'est la Route du Ricard ...

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Nous ne sommes pas encore partis mais lorsque ce sera le cas, nous serons joignables par satellite, en effet, il est possible de nous envoyer des messages textes et de recevoir nos réponses par mail. 

Comment faire:

1 - Cliquer sur le bouton  "IRIDIUM" de la marge de gauche, cela vous envoie sur une page du site web d'IRIDIUM.
2 - Rentrer notre N° de téléphone (sans espace) : 881631580912
3 - Dans "Reply Email", mettre votre adresse mail si vous souhaitez une réponse. Attention cela diminue le nombre de caractères auxquels vous avez droit, 160 au total (vérifiez le compteur).
4 - Écrire dans la zone "message" - Evitez les accents ( e + accent = 2 ou 3 caractères !) et n'oubliez pas de signer ;)
5 - Cliquer dans la case "Je ne suis pas un robot", sauf si vous êtes un robot ... Et on vous demandera peut-être de le prouver en jouant à un petit jeu rapide ...
6 - Puis cliquer sur "Send Message". Et hop, c'est parti...

Attention, nous traverserons 6 fuseaux horaires, pensez au décalage et au fait que nous serons en navigation, les réponses n'arriverons sans doute pas par retour immédiat ... 


jeudi 21 avril 2016

La Traversée de la Mer des Caraïbes en 81 Jours ...

Tout ça pour ça ...
8h00, le reveil sonne ... La première ouverture du pont est à 9h00. Nous sommes 3ème dans la file
pour passer. On a déja passé ce pont plusieurs fois, mais a chaque fois on se demande s'ils n'ont pas rapproché les piles du pont. Certes il y a 10m de passage, mais nous faisons 7m40 ce qui nous laisse 1m30 de chaque coté... On se concentre un peu et ça passe.

Nous nous dirigeons vers "l'îlet", comme son nom l'indique c'est un îlet situé au milieu du lagon, coté français. Nous jetons l'ancre et 40m de chaîne par 2m de fond, ça tient !

Nous mettrons plusieurs jours à réaliser que nous sommes bel et bien arrivés à la fin de notre " Conquète de l'Est ", les logiciels du bord nous permettent de resortir quelques chiffres :

  • La route théorique directe (orthodromie) était de 1480 milles nautiques.
  • Nous avons parcourus 1850 milles au total – on estime que pour un cata on s'en sort très bien ...
  • Période totale (escales inclues) : 81 jours , dont :
    • Bélize: 14 jours
    • Honduras (Utila et Roatan): 11 jours
    • Caymans : 0 jours, navigation le long des côtes
    • Jamaïque: 4 jours
    • Haïti: 8 jours
    • République Dominicaine ( Aguilas, Béata, Salinas, Saona): 23 jours
    • Porto Rico: 2 heures 30
    • Îles Vierges Américaines: 5 jours
    • Îles Vierges Brittaniques: 1 jour
    • Saint Martin: 1 jour de trajet
    Temps de navigation : 15,5 jours soit 372 heures

  • Vitesses de vent relevées: de 3 à 33 noeuds réels
  • Nombre de prises de ris : incalculable
  • Fuseaux horaires: 2
  • Passagers clandestins: 5
    • 1 chauve souris (pendant 24h)
    • 2 cafards, que nous avons atomisés
    • 2 geckos (Barbabé et Zouzouille) qui sont à bord depuis le Guatemala et nous rendent visite le soir par temps calme .

En jaune, la route directe, droite idéale mais impensable. En gris, notre "vraie" route ...


Nous débarquerons à Marigot pour faire nos formalités, ambiance française partout, ça parle français (de moins en moins à St Martin), les restots sont français, les vins et les fromages sont français, les rues sont dangereuses pour les pietons, les administrations sont fermées entre midi et 14h et samedi-dimanche, les magasins et entreprises ferment aussi à midi ... c'est bien ça! On est en France !
Heureusement que l'île est divisée en 2 et que coté Hollandais, les notions de services sont un peu plus développées. De plus c'est là ou se trouvent les Mecques du matériel nautique (Budget Marine et Island Water World). En effet, nous avons un peu de travail, de réparation et de remplacement de matériel.
  • Remplacement GPS lecteur de carte extérieur qui à cramé à Haïti.
  • Réfection du système d'eau de mer sous pression extérieur.
  • Remplacement et raccordement de l'hydrofore (système pression eau douce)
  • Remplacement de certains cordages.
  • Remplacement d'accastillage défectueux et/ou usés.
  • Refection d'une partie du tableau électrique général – réseau de puissance.
  • Déplacement des taquets-coinceurs du mat vers le cockpit (balancine, drisse génois et spi)
  • Remaniement du piano et amélioration de certains circuit de commande.
  • Réparation valve pression du ballon d'eau chaude et plomberie supplémentaire.
  • Révisions moteurs
  • Remplacement de nos 2 canes à pêches, volées au Honduras.
  • Ajout de taquets d'amarrage et système de fixation de l'annexe pour la navigation.
  • Etanchéité hublots et pare-brises à renforcer.
  • Remplacement de certains luminaires...

Grillades, rosé frais, moutarde Amora et cornichons... Le bonheur...
Voilà... donc un peu de dépenses à prévoir, un peu de boulot à réaliser. Rien en dehors d'une
maintenance normale, c'est juste qu'auparavant nous n'étions pas en mesure de le faire faute de matériel.
A coté de ça, on s'offre quand même un peu de bon temps et de bonnes choses avec du vin rosé, de la charcuterie (pas trop), du fromage (on a trouvé du camenbert Graindorge au lait cru !), des cotelettes d'agneau, des merguez (c'est con comme ça m'a manqué) et des apéros et petites bouffes au Yacht Club coté Hollandais et aux fameux "a-ne-pas-manquer" Lagoonies, ou les salades, grillades et soirées musiques sont remarquables... Donc rythme infernal: travaux, apéros, dodo ...

Apéro, le soir dans la baie de St Martin...

Nouveau traceur au poste de barre... 






jeudi 14 avril 2016

La Conquète de l'Est ... The End ...

La Baie de Charlotte Amalie ...
Cela nous fait plaisir de retrouver Charlotte Amalie, ses petites boutiques, ses petits bars et restos.
C'est propre, c'est beau – rappel: on vient d'Haïti – c'est « civilisé » et c'est marrant mais ça nous fait du bien. La vie est facile, les gens sont gentils et serviables, il fait beau, tout le monde est détendu, il y a des fleurs et les flics se proposent de te renseigner, on se croirait dans une petite ville de Floride. On tente de trouver un GPS-lecteur de carte de remplacement sans succès mais par contre on tombe sur d'appétissants rib-eyes steacks (aussi beaux qu'au Texas) qui trouverons leur place sur le barbeuc le soir même. Le lendemain, un voyage « cargo » au supermarché s'impose, puis nous passerons 2 jours en léche-vitrine et petits restos, c'est agréable et ensoleillé comme un voyage de noces... On en profite, on sait que nous devons bientôt repartir pour 120 milles contre les vents dominants ...

Encore un mardi, nous prendrons la route. Pour ou ? Étrangement on n'en sait trop rien... Les vents sont variables mais en revanche les abris sont nombreux. En effet, nous sommes à l'Ouest d'une « chaîne d'îles » formées par les Îles Vierges Américaines d'abord puis Britanniques ensuite. Cet environnement merveilleux est composé d'îles toutes aussi jolies, différentes et attrayantes les unes que les autres. Nous y avons passés des mois entiers sans tout connaître et nous retrouvons cet endroit avec un plaisir tel qu'on se dit qu'il nous faudra revenir par ici un jour car c'est beau, simplement beau...

Les ruelles entre les anciens entrepôts ré-aménagés du centre ville ...


Le vent est notre ami aujourd'hui et nous accorde un voyage confortable jusqu'à Norman Island la première des Îles Vierges Britanniques. Nous mouillons par 12m de fond de sable, l'eau est limpide, on voit distinctement notre ancre...
L'idée globale est de remonter le chapelet d'îles vierges le plus au nord possible pour ainsi avoir un angle de vent le moins défavorable possible contre les vents d'Est lorsque nous allons rejoindre St Martin. Mais nos plans seront chamboulés car la météo le sera aussi. En effet, lors de l'étude des fichiers grib le soir, une fenêtre de vents nuls est prévue pour le lendemain et ce pour 24h. Nous devons ravaler notre plaisir de retrouver les belles escales des Îles Vierges et profiter de l'absence de vent pour filer plein Est vers St Martin.

C'est beau les lignes droites ...


7h30, départ. En route pour 90 milles au moteur. En dehors des bruits mécaniques, c'est une navigation paisible. Nous ramènerons un joli thon qui se fera manger par une bête plus grosse avant que nous puissions le monter à bord, tant pis, nous mettrons des saucisses sur le bbq. Le dessalinisateur tourne, nous pouvons même nous offrir de laver le bateau du sel qu'il a reçu des paquets de mer de ces dernières navigations sportives. Nous dormons peu, pris par l'excitation de l'arrivée. C'est finalement la fin de notre route vers l'est que nous sommes en train de faire. A 3h du matin nous passons la Falaise des Oiseaux sur la péninsule des Terres Basses. Puis il est 4h15 du matin quand la chaîne de l'ancre se déroule sur les fonds de la Baie de Marigot...

La paisible baie de Charlotte Amalie...



Ça y est, c'est fait, nous avons atteint l'arc antillais … Une nuit courte nous attend car demain, on doit se lever de bonne heure pour passer le pont ouvrant qui nous donnera accès au lagon de St Martin ou nous pourrons être à l'abri et profiter du fait que nous n'avons plus de route vers l'Est à faire contre les vents...

Départ des ïles Vierges Britanniques ...




jeudi 7 avril 2016

Et pour quelques milles vers l'Est de plus ...

Route de collision avec un grain au petit matin ...
Saona est une jolie petite île. Peu peuplée, elle se remplie toutefois tous les jours de 11h à 15h de
« touristes de masse » tout frais débarqués des paquebots et qui déboulent en bateaux de charter ultra-motorisés et viennent, en quelques heures, se remplir de rhum pas cher, de poisson mal cuit et prendre un maximum de coups de soleil sur les plages de sable blanc comme leur peau en arrivant... Le reste du temps, l'île est à nous, seuls 3 voiliers sont au mouillage dont le bolide à 2 coques de nos amis Néerlandais sur Bella Ciao.

Nous patienterons une bonne semaine dans ce décor venté, puis … Miracle, mardi matin le vent disparaît comme prévu (comme quoi ça arrive). Nous pouvons nous mettre en route, on hisse la voile, on démarre les moteurs (enfin un seul), on lève l'ancre et on dégage, les petits déjeuners seront, comme habituellement, pris en mer. On contourne l'île de Saona par le sud puis on fait cap au Sud-Est dans un premier temps pour éviter les récifs de Bajos del Caballo et ainsi bien s'écarter de la pointe extrême sud du pays qui est aussi l'entrée du « passage Mona ». Une petite brise de sud-est se lève, nous pouvons prendre un cap vers l'Est. Cette brise et les courants nous feront faire une sinusoïde mais globalement la route sur le passage s'effectue sans encombre pendant les 24h de cette traversée vers Porto-Rico.



L'effet de pointe à l'approche de Cabo Rojo (le Cap Rouge) nous empoisonne d'une belle refusante, nous devons donc virer puis le vent disparaîtra avec le jour qui se lève. Notre vieillissant mais encore vaillant Volvo prendra le relais pour longer le sud de Porto-Rico. Notre idée est de s’arrêter rapidement à la Marina de Poncé pour faire le plein de fuel et repartir sans faire nos formalités... Nous arriverons effectivement au ponton carburant vers 14h en espérant repartir au plus vite pour conserver le bénéfice de cette fenêtre météo favorable... C'était hélas sans compter sur le désagréable et inutile zèle du responsable de la marina qui interdit au pompiste de nous servir si nous ne faisons pas de déclaration douanière et d'immigration aux autorités. Nous sommes déjà venus à Ponce, il y a 3 ans, les bureaux sont en ville, il faudrait sortir du (grand) complexe de la marina à pied puis trouver un taxi et faire la queue pour de la paperasse inutile dans le sens ou nous quittons le pays aussitôt les papiers d'entrées tamponnés. Je maudis ce vilain personnage empêcheur de tourner en rond mais avant toute choses nous passons un coup de fil aux autorités pour avoir confirmation de l'obligation des formalités. Elles nous le confirment, hélas, mais nous apprennent, heureusement, qu'une équipe est en déplacement à la marina et qu'ils les contactent pour leur demander de passer sur le bateau... Une lueur d'espoir naît... Une voiture de patrouille arrive 3 minutes après avoir raccroché, 2 officiers (une femme et un homme) compréhensifs et courtois – on est aux US – montent à bord et intègrent parfaitement et rapidement notre situation. Les formulaires sont remplis en 4ème vitesse puis tamponnés, nos visas américains permanents sont en règle, nous pouvons faire le plein de diesel et repartir rapidement...

Le ponton carburant de Porto Rico ...


Une brise de terre s'est levée et avec la mer plate, car nous sommes sous le vent de l'île, nous filons 9 nœuds en ligne droite... Nous rêvons et imaginons pouvoir aller ainsi jusqu'aux Iles Vierges Britanniques. Notre rêve durera 50 milles, puis au milieu de la nuit nous arriverons à l'extrémité Est de l'île ou cette jolie brise thermique laissera la place à un fort vent de 23 nœuds établi et de face que nous prendrons comme un boulet de canon. La mer se forme très rapidement et la fin de nuit sera un enfer. Nous tirons des bords à l'efficacité désastreuse. Face à cette météo non-prévue, il est temps de sortir le plan B – oui, il y a toujours un plan B – et faire route sur Vieques, la première île après Porto-Rico. Nous sommes au petit matin et avançons péniblement vers le mouillage du plan B quand de gros grains isolés font leur apparition... Dont un qui croise notre route... On le laisse un peu s'approcher car il a peut-être le temps de se dissoudre avec la chaleur du jour qui se lève. Monsieur gros grain ne se décide pas à se disparaître malgré la proximité de notre abri, nous devons virer aux premières rafales à 27/28 nœuds. La houle est plus « ronde » sur l'autre bord, on débride de 5° et Jingle accélère pour fuir le grain.

Si on continue comme ça, dans 400 milles on est aux Grenadines, c'est joli aussi mais ce n'est pas du tout notre destination. On vire après 20 milles. Les grains sont partis, on peut donc se rapprocher à nouveau de Vieques. Dix milles plus loin, une belle et aussi inattendue qu'inespérée adonnante nous autorisera à gagner en cap et, ainsi, pouvoir passer Vieques par l'Est, de peu, certes car nous ne sommes passés qu'a quelques centaines de mètres des cailloux mais c'est passé. L'adonnante donne encore un peu et se calme et nous poussons ainsi le bouchon d'une vingtaine de milles supplémentaires jusqu'à St Thomas, la plus grande des Îles Vierges Américaines. Ce soir nous allons pouvoir dormir au calme.

Les Îles Vierges ...


Il fait nuit noire quand nous arrivons dans la petite baie de Brewer's Bay, plusieurs bateaux y habitent déjà et l'endroit est bien encombré. Nous entendons à la radio «  Au bateau qui arrive a Brewer's Bay, voulez-vous un radio-guidage pour vous aider à mouiller dans la baie ? » - et après on me demande pourquoi j'apprécie les voyageurs anglo-saxons... - je répond évidemment par l'affirmative et suit le guidage qu'on me propose, l'ancre est plongée, mon nouvel ami d'Ocean Wing et désormais voisin est remercié, il est 20h... Pas trop tard pour un apéro ? Hein ? … Puis une bonne douche chaude, une gamelle bien remplie et au lit !

Il est plus de 10h quand nous émergeons... Nous sommes encore un peu fourbus mais bien reposé. Nous nous sommes aperçus qu'un des bossoirs – les supports de l'arrière du bateau ou est suspendu notre dinghy – avait pris un angle bizarre dans nos cabrioles par mer formée. La journée sera passée à cette réparation. Demain nous partons pour Charlotte-Amalie la capitale de l’île située dans la baie du même nom, c'est mieux protégé et plus facile d'aller à terre...


La bataille vers l'Est s'est poursuivie, nous avons encore gagné quelques 220 milles en en parcourant 267 au total en réduisant notre vitesse à 4,5 nœuds pour gagner en cap. Ce n'est pas fini, mais nous commençons à en voir le bout. Courage !



mardi 29 mars 2016

Pour une poignée de milles vers l'Est ...

Nous resterons dans la baie de Salinas pendant une semaine complète. Quand on entend "baie" on pense être à l'abri. Là, non. Pas de mer mais un effet venturi venu des collines voisines nous offre un vent soutenu et permanent de 20 à 25 noeuds avec rafales à 30, tout le temps, tout le temps, tout le temps ... La tenue des fonds du mouillage n'étant pas excellente ( un catamaran voisin est même parti s'échouer un jour de grosses rafales) nous ne quittions le bateau que très rarement et pour de courtes durées. Mais le bruit permanent de ce vent avec un demi-stress de dérapage ne nous reposait pas... Hélas, il fallait attendre une fenêtre météo avec des vents plus calmes pour enfin quitter cet endroit.

Nous surveillons de près les prévisions météos et les fichiers grib sont étudiés soigneusement. Le but du jeu est de rejoindre l'Île de Saona à 100 milles à l'Est. Puis vient le moment ou les prévisions sont suffisament clémentes et le vent bien orienté pour nous faire longer la péninsule de Bani puis traverser la baie de Santo Domingo. Une brise de 12 noeuds devrait nous faire avancer au bon plein avec quelques bords "aveugles" pour conserver le cap si nous dérivons de trop ou si le vent refuse un peu mais ce devrait être une navigation confortable, sure et plaisante.

Nous partons le soir vers 19h00 pour y voir suffisament clair afin de zigzaguer entre les récifs et les hauts-fond de la sortie de la baie de Salinas mais aussi pour bénéficier des accalmies de la nuit. Le vent est encore un peu fort mais il "doit" se calmer ... Nous sommes encore à l'abri de la côte sur 2 milles, mais une fois passé la pointe nous sommes accueillis par 18 noeuds, puis une heure plus tard 20 noeuds avec rafales à 22/24... de face ! Nous voilà donc en train de tirer des bords de près serré, dans 20 noeuds établis avec une mer qui, elle aussi, s'est bien établie genre houle-courte-qui-vient-bien-taper. A bord c'est ambiance "combat" avec équipement de combat au complet, normal, c'est la guerre ! Nous en étions à un stade ou nous attendions des "molles " sous la barres des 20 noeuds pour effectuer nos manoeuvres de virement de bord :

" - Y'a combien ?
  • 22 ...
  • Réels ou apparents ?
  • Réels...
  • Bon, on attend encore ...
  • La côte approche...
  • Je sais ...
  • ...
  • Y'a combien là ?
  • Ca se calme y'a 19
  • 19 ? C'est bon on vire ! "

Nous faisons 30 milles dans ces conditions, en 7 heures ...
Il est 2 heures du mat' quand le vent se calme (un peu) puis avec l'effet de pointe il s'oriente "mieux", nous pouvons faire un route dans le 100 (pour 90). Heureusement car le passage Est de la pointe est aussi très (très) fréquenté par les cargos. A un moment donné, notre AIS nous annonce même plus de 32 cargos et pétroliers (dont certains en manoeuvrabilité restreinte donc prioritaires) dans la zone dans laquelle nous évoluons ...

Zig et zag sont dans un bateau ...


Un peu plus de 20 milles plus tard, le vent sera pris de folie avec le jour qui se lève. On lui a demandé d'aller consulter depuis car son instabilité nous inquiétait vraiment. Il nous faisait des variations de force de 10 noeuds et directions de 40° qui le rendait très difficile à suivre...

Après une période "zigzaguante" nous avons opté pour un bord à terre, en fait nous avons obéis à une belle et longue adonnante que l'on ne refuse pas dans ces conditions. Nous espérions que la mer se calmerait un peu en arrivant dans le creux de la baie, mais non! On est là pour en ch... on va en ch... jusqu'au bout ! En effet, nous sentions déja les effets de la houle du tristement célèbre "passage de Mona" qui sépare la Republique Dominicaine de Porto-Rico.

Merci Fée Electronique de nous aider à veiller ...


A la tombée de la nuit – oui, cela fait 24 heures que nous naviguons – nous tirons quelques bords près de l'île Catalina, les refusantes les rendront désastreux mais nous arriverons tout de même à trouver la route nous menant à l'île Saona, notre destination initiale.

Nous arrivons près des côtes tant attendues et désirées vers 1 heure du matin, l'approche est franche, nous mouillons par 8m de fond de sable avec 50 mètres de chaine. Nous grignoterons un petit morceau le temps de voir si l'ancre tient malgré les rafales qui n'ont pas cessées depuis nous sommes partis, puis nous irons au lit après une bonne douche bien chaude ... Nous nous sommes bien battus pour gagner quelques 110 milles vers l'Est en en parcourant 154 à une moyenne de 5 noeuds au près sérré, les manoeuvres de réduction de voilure et de virement de bord ont été nombreuses. Les prévisions météo ont été plus érronnées que jamais, mais cela fait partie des joies de la nature, on va dire ...

L' île Saona le matin...

Bon, pour notre prochaine étape, nous devons franchir le "passage Mona" pour rejoindre Porto Rico et là, ce serait bien que Monsieur Météo ne se trompe pas... On attend donc une "vraie" accalmie pour traverser. L'avantage d'être à Saona – peu protégée des vents dominants – est que nous avons la météo "réelle" en direct, on devrait avoir moins de surprises ...


L' île Saona le soir ...





lundi 21 mars 2016

Des Aigles aux Salines ...

Deux heures du matin, le réveil sonne, tout le monde debout !
Les vents viennent de se calmer et aujourd'hui est une journée avec vents faibles, nous allons donc profiter au maximum de ces quelques heures calmes pour "tracer direct" puis suivre la côte lorsque les vents se lèveront à nouveau ce soir.



2h30, la voile est hissée, génois déroulé en grand, les 7 noeuds de vent dans le 50° nous aident mais la mer est hachée car nous avons un peu de courant avec nous et la houle résiduelle est énervante et inconfortable.

9h00, le vent est complètement tombé mais la houle de travers est toujours là, agaçante et rendant l'atmosphère désagréable. En effet, voile, gréement et cordage claquent, cognent, s'usent et s'abîment. On affale tout ! Moteur à 2000 tours, on en profite pour faire de l'eau douce.

Le vent jouera un peu avec nous entre 10h et 17h, puis décidera de se lever.

17h00, on hisse la grand voile.
17h30, on prend le ris n°1
18h30, on prend le ris n°2

22h00 Le vent monte encore, la mer grossit. Nous changeons de cap pour faire une route plus proche des côtes et bénificier ainsi des vents de terre qui calmeront les vents dominants.

0h00 l'ambiance se calme enfin, nous allons longer la baie et ainsi suivre une route à moins de 3 milles des côtes.

5h00, nous nous prenons un filet dans le safran et l'hélice babord. Le bateau hoquète et continue sa route mais il faudra être vigilent à l'arrivée au mouillage.

Le vent d'est montera avec l'arrivée du jour, mais nous faisons maintenant une route suffisament sud pour ne pas être pénalisé.

Bahia de Las Aguilas ...


Il est 11h00 quand nous sommes installés dans la Bahia de Las Aguilas (la Baie des Aigles) par 4m80 de fond de sable et de corail, la plage de sable blanc délimite l'horizon de l'eau turquoise. Un mouillage désertico-paradisiaque comme nous les affectionnons. Ici, rien, personne, pas de route, pas de construction, pas de touristes... seule une barque de pêcheurs viendra nous échanger 6 langoustes contre une demi-bouteille de rhum et 3 bières fraîches... Nous irons démêler le filet pris dans l'hélice, qui étrangement peut encore tourner, et le safran puis repos ...

Les fonds sont de mauvaise tenue, nous avons déroulés 55m de chaîne, mais les vents permanents nous font déraper lentement mais régulièrement. C'est une situation à laquelle nous sommes habitués, nous avons de l'eau à courir avec des fonds plats, donc pas d'inquiétude.

Cinq jours plus tard, nous préparons notre passage du Cap Beata par le canal Beata en faisant un saut de puce d'une vingtaine de milles pour aller mouiller sous le vent de l'île du même nom: Isla Beata. Nous partirons tôt, et aussitôt un vent soutenu nous accueille dès la sortie de l'abri de la baie des Aigles. Nous aurons donc à tirer quelques bord par 25-27 noeuds réels pour venir mouiller sur cette petite île jolie comme tout ou seules une vingtaine d'embarcations de pêcheurs viennent y faire leur saison de pêche. Un poste de Garde-Côte y est également présent, nous aurons droit à leur visite, puis un café et une bière fraîche reduiront les formalités à leur plus simple expression.

Sous le vent de Isla Beata ...

Deux jours plus tard, une "fenêtre météo" s'ouvre. En fait, avec les accélérations et de vent dues à la géographie et les différentes brises et courants, on ne peut être surs de rien quant aux prévisions que nous recevons par satellite. Donc, 6h30, nous partons avec des conditions "moyennes" sans gros coup de tabac prévu, c'est notre seule certitude. Autre certitude aussi, notre GPS-lecteur de carte du poste de barre vient de nous lâcher.

Nous tirons un long bord vers le nord pour ainsi franchir le canal de Beata sur l'autre bord mais d'une seule traite. Le canal n'est pas super large et peu profond, on ne veut pas y zigzaguer entre les hauts fonds. Le vent est déja fort mais la mer est calme, nous faisons un cap raisonnable. Nous avons prévu d'abattre un peu à la sortie du canal car l'état de la mer et le vent seront certainement ceux que l'on est censés rencontrés lors du passage d'un cap par vents contraires...

Le deuxième ris est pris, le troisième en position, le génois est roulé au "4ème" tour" façon trinquette, nous sommes donc sereins pour les rafales à plus de 30 noeuds et franchissons la mer désastreuse que nous rencontrons à la sortie du cap. Le but est de s'en éloigner en tirant un bord sud-est puis virer une fois les accélérations d'effet de cap épuisées. La houle est grosse et pleine face, mais nous filons 6 à 7 noeuds légèrement débridés. Tout va bien, mais nous nous félicitons de ne pas avoir de passagers dans cette ambiance de combat, le ciel est gris, la mer est grosse et le vent siffle furieusement dans les haubans...

Bonne nouvelle, le vent adonne de 60° ! Cela nous aide considérablement et nous permet de "couper" notre route initiale et de gagner du temps. Une heure plus tard, le vent refuse et revient dans sa configuration "prévue". Nous virons et notre cap coincide avec la route directe. Une houle croisée vient renforcer l'effet "machine à laver" de ce type de navigation, nos organismes sont heureusement amarinés...

Le vent se calmera vers 14h00, la mer redeviendra structurée. Nous larguons un ris. Un coin de ciel bleu est prometteur. Nous pêchons un barracuda de taille moyenne.

Les conditions continuerons ainsi à a se calmer, nous larguerons le ris restant pour conserver de la puissance dans cette mer qui est encore houleuse. Cette fois ce sera un thon que nous ramèneront à bord.

23h00, nous sommes en vue (nocturne) de Las Salinas (les Salines), notre destination. Le vent tombe complètement ( 5 noeuds), nous affalons tranquillement et préparons notre approche "à l'ancienne" sans cartographie au poste de barre.

23h30, quelques zig et zag plus tard, nous sommes rentrés dans la baie et sommes mouillés par 5m de fond. Demain nous verrons ce à quoi ressemble cet endroit ...

Il est déja tard quand nous allons à terre le lendemain. Nous interrogeons les gens de l'hotel proche, qui nous indiquent aimablement comment aller aux bureau de l'immigration. Un quart d'heure de bus plus tard, nous sommes dans l'algéco de l'officier d'immigration, les passeports sont tamponnés et nous voilà allégés de 80 dollars. Restent les "autorités maritimes" avec lesquels nous avons rdv à 14h. Ils arrivent à 3, un Garde-côte, un officier des services de sécurité (M-2), un officier des narcotiques. Un petit clapot se fait un plaisir de mouiller tout ce petit monde entassés dans le dinghy pour venir à bord de Jingle. Une fois à bord, remplissage de feuille de papier blanc que nous leur fournissons. Là encore, un café, un verre de rhum et 10 dollars de pourboire simplifieront les formalités... mais nous avons fait notre entrée officielle en République Dominicaine !

Bahia de las Salinas, la baie des Salines et l’hôtel duquel on vous écrit ...

vendredi 4 mars 2016

L'Île à Vaches, paradis perdu ...

Arrivée à l'Ile a Vache...
Nous abattons légèrement et choquons les écoutes, le bateau respire enfin et est heureux de galoper librement. Nous longeons ainsi la côte sous le vent de l’île à Vache en évitant les casiers à langoustes, les filets et les pêcheurs eux-même. Ces pêcheurs, aux embarcations rustiques et instables déploient des surfaces de voiles déraisonnables par rapport à la largeur de leur coque et leur moyen de contrer leur dérive... donc ils dérivent beaucoup. Cela ne leur empêche pas de partir loin – une dizaine de milles – pour aller chercher un poisson qui se laissera attraper dans leurs maigres filets. En effet, peu de "gros" mais plutôt de la friture.

Cette île est belle, des palmiers, des collines verdoyantes, des plages de sable blanc, une eau turquoise...Cela pourrait même être un véritable paradis sans les tempêtes et les cyclones qui viennent régulièrement balayer le pays et anéantir ses habitants. Nous arrivons à petite vitesse dans la baie de Feret, les fonds sont variables en profondeur et en tenue, nous traînons déjà une ribambelle de gamins sur "pirogue" et autres EFNI – engins flottants non identifiés – qui s’accrochent au bateau pour nous proposer leurs services comme guides ou voulant décrocher un petit boulot type nettoyage de bateau ou toute autres taches convenant à un boat-boy.

Les pêcheurs reviennent ou partent relever leurs filets et casiers...

Nous mouillons l'ancre dans quelques mètres d'eau puis il nous faudra être courtois mais fermes pour se débarrasser de nos gentils petits amis flottants parfois à l'oreille difficile. Après une bonne et longue sieste réparatrice nous re-découvrons l'endroit ou nous sommes. La baie est calme et paisible, la musique et les rires cristallins des enfants se propagent sur l'eau, le soleil se prépare à se coucher, les pêcheurs rentrent au bercail à la voile et nous proposent poissons frais et langoustes au passage. Plus tardivement, un verre de vin blanc bien frais à la main et les langoustes sur le grill du bbq, nous oublions peu à peu nos longues heures de navigation contre les vents...

Jingle au mouillage...

Ici aussi, les vents sont capricieux et le lendemain les bourrasques d'un grain fera déraper deux de nos voisins et nous fera modifier notre emplacement pour être mieux protégés, nous en profiterons pour ajouter 20m de chaîne et ainsi dormir tranquilles car une petite semaine de vents assez forts de secteur Est est prévue. Nous choisirons parmi les multiples et répétitives offres, parfois agaçantes il faut le reconnaître, "notre" boat-boy qui se chargera de tout ce dont nous aurons besoin. En fait nous n'avons pas besoin de grand-chose, nous avons du poissons et des langoustes avec les pêcheurs, mais il nous trouvera quelques tomates, des bananes, des œufs...

Jingle s'interroge sur l'équilibre ...

Il nous conduira aussi au marché du jeudi qui à lieu au village principal "Madame Bernard" situé à deux heures de marche agréable le long d'un sentier allant de village en village. Pas de voitures sur cette île, quelques petites motos servent à tout, taxi et transport de marchandises. Peu de marchandises toutefois car l'île et ses habitants sont très (très) pauvres. Ils n'ont rien et de toutes façons rien n'est disponible. Seuls fruits, légumes, viande et poisson, puis un strict minimum de vaisselle et autres fournitures pour la vie courante sont présentés sur les étals sous le soleil du marché. Pour ceux habitués à l'Afrique, l'ambiance n'est pas si dépaysante, le bétail est famélique, le sol couvert de plastique, les enfants rient et jouent, de jeunes chiots les suivent, les poules courent après leurs poussins et les cochons grognent dans leur boue... comme autrefois.

Un nouveau jour commence ...


Est venu le temps, pour nous, de penser aux différentes stratégies – passer au large ou longer les côtes -  pour parcourir les 500 prochains milles, soit de l'Ouest de Haïti ou nous sommes, passer la République Dominicaine, franchir le Mona Passage et enfin passer Porto-Rico. Pourquoi cela représente-t-il un "tout", c'est parce-que ces prochaines navigations vont se ressembler. Nous serons toujours contre les vents, mais le long des côtes. Ce "cabotage" va nous permettre une navigation thermique, en effet nous allons utiliser les effets de brise de terre – ou effets catabatiques – pour contrecarrer les vents dominants. Comme les marins le savent, ces brises catabatiques qui descendent des montagnes apparaissent au coucher du soleil et s'estompent avec l'apparaition de celui-ci. Vous l'aurez compris, cela impose des navigations essentiellement de nuit et avec des vents dominants inférieurs ou égaux à ces brises... à nous donc de trouver des abris jalonnant notre route...


Nouveau mouillage dans 10m d'eau...

Nettoyage du coude d'échappement et révision moteur...

Image devenue quotidienne à l'Ile a Vache ...


Labour à la charrue à boeuf...

Ces bateaux, plus grands demandent plus d'entretien et sont donc abandonnés ...




En allant vers le marché ...

Constructions et couleurs traditionnelles ...

Pourquoi "ile à vaches" ??? Comptez bien, il y en a au moins 6 dans ce bateau en partance ...